Yémen : l'ONU condamne la violence contre les civils dans la ville de Taëz

31 mai 2011

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit extrêmement inquiet des informations faisant état de l'utilisation excessive de la force par les autorités yéménites contre des manifestants non-armés à Taëz et de l'escalade de violence à Sana'a.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est dit extrêmement inquiet mardi des informations faisant état de l'utilisation excessive de la force par les autorités yéménites contre des manifestants non-armés à Taëz et de l'escalade de violence à Sana'a, la capitale du pays.

Ban Ki-moon a appelé le gouvernement et les tribus qui s'affrontent violemment à immédiatement respecter un cessez-le-feu afin que des négociations puissent voir le jour, a fait savoir mardi le porte-parole du Secrétaire général par communiqué.

Le chef de l'ONU a aussi exprimé le souhait de voir tous les Yéménites travailler ensemble afin de créer un esprit d'unité nationale pour la paix et la stabilité au Yémen, a-t-il ajouté.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a pour sa part condamné mardi l'utilisation accrue de la force par les autorités contre les manifestants au Yémen, notamment l'utilisation de balles réelles qui aurait provoqué la mort de dizaines de personnes et fait des centaines de blessés.

« De tels actes répréhensibles de violence et les attaques aveugles contre des civils non armés par les forces de sécurité doivent cesser immédiatement », a déclaré mardi la Haut commissaire dans un communiqué.

« J'exhorte toutes les parties à cesser l'utilisation de la force et je rappelle que le gouvernement à la responsabilité de garantir que les droits de l'homme fondamentaux et ces citoyens soient protégés », a-t-elle ajouté.

Mme Pillay dit avoir reçu des informations selon lesquelles plus de 50 personnes auraient été tuées et des centaines d'autres blessées dimanche dans la ville de Taëz par l'armée yéménite, les gardes républicains et des éléments affiliés au gouvernement qui ont détruit le camp de manifestants situé sur la place Horriya en utilisant des canon à eaux, des bulldozers et des balles réelles.

Mme Pillay a également pris note que les forces de sécurité ont occupé l'hôpital d'Al-Safa à Taëz et que la clinique de la place d'Horriya a été brûlée. Elle a déploré que l'accès d'urgence à des soins médicaux soit limité.

« L'aide humanitaire doit être fournie à tous ceux qui en ont besoin, le gouvernement est obligé de le garantir », a souligné Navi Pillay. « Le personnel médical et les installations de santé ne doivent jamais être ciblées par les forces de sécurité ».

Au moins 100 personnes auraient été arrêtées durant le weekend à Taëz. La Haut commissaire a appelé le gouvernement à enquêter sur les cas de disparitions et les allégations de cas de mauvais traitement, de torture et de meurtres et à traduire les responsables en justice.

« Le gouvernement ne doit pas recourir aux arrestations arbitraires et illégales », a déclaré la Haut commissaire. « Les individus détenus à cause de l'exercice de leur droit de liberté de réunion et d'expression devraient être relâchés sans délais ».

Mme Pillay a indiqué que la situation à Sana'a, la capitale du Yémen, restait difficile. Les forces de sécurité ont continué d'utiliser la force pour disperser les manifestants dans la ville. Elle a souligné la nécessité que les responsables de ces violences rendent des comptes, en soulignant le manque de progrès du Comité de haut niveau nommé par le gouvernement yéménite pour enquêter sur l'incident du 18 mars lorsque 52 manifestants sont morts lors d'une manifestation devant l'université de Sana'a.

« Davantage de violence va engendrer encore plus d'insécurité et éloigner le pays d'une résolution de la crise politique », a dit Mme Pillay. « J'exhorte toutes les parties à continuer leurs efforts et à trouver une solution pacifique au conflit. Le carnage doit cesser ».

 

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