Darfour : conférence au Qatar pour poser les bases d'un accord de paix

27 mai 2011

Plus de cinq cents personnes ont entamé vendredi une série de consultations à Doha, au Qatar, pour finaliser un document qui doit constituer la base d'un accord de paix que pourront signer à la fois le gouvernement du Soudan et les mouvements d'opposition afin de sortir de la crise au Darfour.

Le lancement de cette « Conférence de toutes les parties prenantes au Darfour », dirigée par le Médiateur en chef conjoint de l'Union africaine et des Nations Unies pour le Darfour, Djibril Bassolé, et le ministre qatari des affaires étrangères, Ahmed Bin Abdullah Al-Mahmoud, est inédit puisque c'est la première fois que les parties au conflit du Darfour s'entretiendront avec des membres de la société civile et des responsables politiques.

Cet événement de cinq jours réunira des représentants du gouvernement du Soudan, des mouvements du Darfour, des représentants de la société civile, des personnes déplacées, des dirigeants soudanais de partis politiques et des élus du Darfour dans les assemblées régionales et nationales.

Les participants se retrouveront lors de groupes de travail thématiques pour réfléchir à des questions clés comme le retour des personnes déplacées, la justice et la réconciliation, le pouvoir et le partage des richesses, les droits des femmes et leur participation dans les négociations et la mise en œuvre d'un accord de paix. Des travailleurs humanitaires et des membres de la communauté internationale participeront aux débats en qualité d'observateurs.

Le chef de la Mission de l'Union africaine et des Nations Unies au Darfour (MINUAD), Ibrahim Gambari, a déclaré que la mission était prête à aider à la mise en œuvre des résultats de cette conférence. « Nous sommes impatients d'avoir un cessez-le-feu permanent et un accord de paix global à mettre en œuvre », a-t-il dit.

« Nous espérons que cet accord posera la base pour parvenir à un accord de paix au Darfour », a déclaré le ministre qatari Al-Mahmoud, dont le gouvernement a promis de l'argent pour aider les parties à parvenir à un accord et pour réparer les ravages causés par près de dix ans de conflit. « Nous pensons que la population du Darfour détient la solution-clé au problème. Par conséquent, la majorité des remarques proviendront de la population du Darfour », a-t-il dit.

« La conférence n'est pas un substitut aux négociations, mais la conférence va apporter la base, à laquelle les parties peuvent adhérer, pour discuter et enfin signer un accord », a encore souligné le Médiateur en chef conjoint, Djibril Bassolé.

Le Darfour, à l'ouest du Soudan, est ravagé par les conflits et les déplacements de population à grande échelle depuis 2003 et le début des combats entre les rebelles, les forces gouvernementales et ses milices alliées. Environ 300.000 personnes ont été tuées et 2,7 millions déplacées.

 

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