Le HCR rapatrie des réfugiés libériens bloqués en Côte d'Ivoire

27 mai 2011

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a repris cette semaine l'opération de rapatriement des réfugiés libériens qui avaient été bloqués dans l'enceinte de son bureau d'Abidjan durant la crise postélectorale en Côte d'Ivoire.

« Mardi et jeudi, quelque 264 réfugiés libériens ont été transportés par deux vols charter depuis la ville du sud de la Côte d'Ivoire vers l'aéroport international Roberts, situé à environ 60 kilomètres de Monrovia, la capitale libérienne », a expliqué une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève.

« Ces réfugiés avaient d'abord trouvé refuge dans notre bureau d'Abidjan en décembre. Ils étaient alors pris pour cible suite aux allégations selon lesquelles des mercenaires libériens combattaient pour le compte de l'ex-Président Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire. Ils demandaient à être rapatriés vers le Libéria, et un premier groupe avait été transporté par avion en mars avant la suspension de l'opération à cause de la montée des violences », a-t-elle ajouté.

La plupart des rapatriés de cette semaine étaient de retour dans leur pays pour la première fois depuis près de 20 ans. Certains d'entre eux sont nés en exil et parlent mieux le français que l'anglais, la langue officielle du Libéria. A leur arrivée au Libéria, le HCR leur a fourni des allocations de rapatriement volontaire, comprenant notamment la prise en charge des frais de transport vers leur destination finale.

Quelque 434 réfugiés libériens ont bénéficié cette année d'une aide au retour vers leur pays à partir d'Abidjan. D'autres se trouvent toujours dans l'enceinte du bureau du HCR et ils n'ont pas encore décidé de rentrer, alors qu'au même moment de nouveaux groupes se renseignent auprès du HCR pour en savoir plus sur ce programme de retour.

Depuis 2004, le HCR a aidé, en Afrique de l'Ouest, plus de 170.000 réfugiés libériens à rentrer dans leur pays. « Notre personnel apporte un soutien aux communautés de rapatriés libériens avec la réhabilitation d'écoles, de routes et de dispensaires ainsi que des équipements pour la distribution d'eau et les installations sanitaires. Nous apportons également une aide pour que ces personnes deviennent autonomes grâce à des projets générateurs de revenus à travers le pays », a dit la porte-parole.

Bien que la guerre au Libéria se soit terminée en 2003, on compte toujours quelque 24.000 réfugiés libériens en Côte d'Ivoire. Ils vivent principalement dans les villes de Tabou et Guiglo, à l'ouest et au sud-ouest du pays.

Parallèlement, alors que la situation se stabilise en Côte d'Ivoire, le rythme de l'afflux ivoirien vers les pays voisins ralentit progressivement. La semaine dernière par exemple, le nombre d'Ivoiriens qui traversent la frontière vers le Libéria est passé en moyenne de 200 à 130 par jour. Le Ghana observe la même tendance à la baisse.

Cependant, le HCR reste préoccupé par la lente progression des efforts de réconciliation nationale en Côte d'Ivoire. La peur des représailles empêche des centaines de milliers de déplacés internes et de réfugiés de rentrer dans leurs villages d'origine dans l'ouest du pays et dans certains quartiers d'Abidjan.

 

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