Au G8, l'ONU plaide pour une action coordonnée face aux crises dans le monde

Au G8, l'ONU plaide pour une action coordonnée face aux crises dans le monde

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à gauche) avec le Président français Nicolas Sarkozy au Sommet du G8 à Deauville.
Au Sommet des pays les plus industrialisés (G8) à Deauville, en France, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a plaidé vendredi pour une action unie et coordonnée de la communauté internationale face au « printemps arabe » en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Lors d'une session de travail du G8 sur cette région du monde, le Secrétaire général a souligné que la communauté internationale devait agir de manière unie, cohérente et coordonnée. Il a encouragé le soutien à l'aide humanitaire, en Libye et dans les pays voisins. Il a par ailleurs mis en lumière l'importance de l'emploi et de l'éducation afin d'effectuer une transition démocratique durable.

S'agissant du processus de paix au Moyen-Orient, il a exhorté la communauté internationale à agir de toute urgence pour faire avancer ce processus entre Israéliens et Palestiniens, en s'appuyant sur la vision énoncée par le Président américain Barack Obama.

Le Secrétaire général de l'ONU a également participé à une session de travail sur les crises régionales en Afrique, en particulier en Côte d'Ivoire, en Somalie et au Soudan. Il a souligné la nécessité de stabiliser la sécurité intérieure en Côte d'Ivoire, en désarmant les milices, en restaurant la police, la capacité militaire et la sécurité des frontières de ce pays. En outre, le Secrétaire général a souligné la nécessité de soutenir la Commission « Dialogue, Vérité et Réconciliation » décidée par le Président ivoirien Alassane Ouattara.

Sur la Somalie, le Secrétaire général a recommandé un appui supplémentaire à la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) et aux forces du Gouvernement fédéral de transition, un soutien continu à la lutte contre la piraterie, et davantage de ressources pour l'aide humanitaire. Il a également exhorté les pays du G8 et leurs partenaires africains à envoyer un message fort au président de la Somalie et au chef du Parlement de ce pays afin qu'ils règlent leurs différends.

Abordant la question du Soudan, le chef de l'ONU s'est dit préoccupé par l'escalade des tensions dans la région d'Abyei, qui se trouve à la limite entre le Nord et le Sud-Soudan, alors que le Sud-Soudan doit devenir indépendant le 9 juillet.

Enfin, le Secrétaire général est intervenu au Sommet du G8 pour aborder des questions de développement. Il a insisté sur quatre domaines : la santé des femmes et des enfants en encourageant le soutien à la Stratégie mondiale pour la santé maternelle et infantile ; le changement climatique et l'énergie en soulignant l'importance des progrès des négociations dans le cadre de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ; la sécurité alimentaire et la nutrition en appelant les membres du G8 à poursuivre leur soutien au Cadre d'action pour le renforcement de la nutrition ; et enfin le développement durable alors que se prépare le Sommet de la Terre à Rio en 2012.

Jeudi, en marge du Sommet, Ban Ki-moon s'est entretenu avec le Président du Niger Mahmadou Issoufou ; le ministre francais des affaires étrangères, Alain Juppé ; le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Amr Moussa ; le Premier ministre égyptien Sharaf Essam et le Premier ministre tunisien, Essebsi Caid.

Avec le Président du Niger, le Secrétaire général a évoqué le partenariat du pays avec l'ONU afin d'atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Ils ont également abordé la question du retour des ressortissants nigériens qui ont fui les conflits en Côte d'Ivoire et en Libye.

Le Secrétaire général et Alain Juppé ont parlé de la situation en Côte d'Ivoire et ont salué l'engagement du Président Ouattara à œuvrer pour la réconciliation nationale. Ils ont abordé la situation en Syrie, le Secrétaire général notant le besoin de mesures gouvernementales immédiates pour répondre aux préoccupations du peuple syrien, et la situation en Lybie, notamment les efforts de l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour travailler avec les parties sur une transition politique. Le Secrétaire général et le ministre français des affaires étrangères ont égaleent parlé du Moyen-Orient et du soutien du Quatuor (Etats-Unis, Russie, ONU et Union européenne) aux prochaines étapes du processus de paix.

Ban Ki-moon a également discuté de la Libye et du processus de paix au Moyen-Orient avec le Secrétaire général de la Ligue des États arabes, Amr Moussa.

Lors de sa rencontre avec le Premier ministre égyptien, Sharaf Essam, le chef de l'ONU a réitéré le soutien des Nations Unies et sa disponibilité pour assister le pays dans la période de transition politique, incluant des élections.

Enfin, le Secrétaire général a abordé les élections à venir en Tunisie avec le Premier ministre tunisien, Essebsi Caid. Il a félicité le gouvernement pour l'organisation transparente de ce scrutin et a souligné l'importance du soutien de la communauté internationale pendant cette période de transition.