Abyei : la chef des droits de l'homme de l'ONU appelle à la fin des violences

Abyei : la chef des droits de l'homme de l'ONU appelle à la fin des violences

Des hommes armés transportent leur butin lors du pillage de la ville d'Abyei.
La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé mardi les deux parties en conflit dans la région contestée d'Abyei au Soudan à cesser immédiatement les hostilités.

La Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé mardi les deux parties en conflit dans la région contestée d'Abyei au Soudan à cesser immédiatement les hostilités et à respecter les droits de l'homme et le droit humanitaire international.

« Je condamne les récentes attaques et contre-attaques des deux parties dans la région d'Abyei, ce n'est certainement pas le moyen de faire avancer la coexistence pacifique entre le Nord et le Sud-Soudan», a déclaré Navi Pillay. « Je suis particulièrement inquiète des bombardements de zones civiles par les Forces armées soudanaises à Abyei, ainsi que des informations faisant état de bombardements aériens à d'autres endroits tels que Todacch, Tajalei et à proximité du pont de la rivière Kiir, » a souligné la Haut commissaire aux droits de l'homme.

« J'exhorte toutes les parties à examiner la possibilité d'une solution négociée à la crise d'Abyei et d'éviter de s'enfoncer dans le conflit et le chaos », a déclaré Mme Pillay.

Le 19 mai, un convoi de l'ONU transportant des troupes des Forces armées soudanaises (SAF) de l'Unité mixte intégrée a été attaqué à Dokura, une zone située au nord d'Abyei, qui était sous contrôle de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA). Deux jours plus tard, les Forces armées soudanaises ont attaqué et pris le contrôle d'Abyei.

La Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) a confirmé les informations faisant état de bombardements et de tirs dans et autour d'Abyei par les SAF, ainsi que des pillages de maisons et des incendies provoqués par des miliciens. Des milliers de civils ont fui la zone alors que des chars appartenant respectivement aux SAF et à la SPLA ont été placés de chaque côté du pont Banton, qui mène à Agok au sud d'Abyei.

La porte-parole de l'Office de coordination des affaires humanitaires(OCHA) à Genève, Elisabeth Byrs, a expliqué mardi qu'une équipe d'évaluation inter-agences s'était rendue à Agok par la route lundi mais avait dû faire demi tour vers la base de la MINUS à cause des problèmes de securité. La MINUS estime que 15.000 personnes ont été déplacées autour d'Agok. Elisabeth Byrs a ajouté qu'il était possible, mais cela n'est pas confirmé, que les bureaux de l'ONU à Abyei aient été pillés.

« Tous les civils restés à Abyei et dans les villes et villages environnants doivent être protégés et être assurés qu'ils ont la possibilité de s'en aller en toute sécurité, conformément aux normes internationales des droits de l'homme et du droit humanitaire», a précisé Navi Pillay.

Elle a appelé le gouvernement soudanais à veiller à ce que les maisons et les biens ne soient pas brûlés ni pillés dans les zones sous son contrôle et a insisté pour que les responsables de tels actes soient traduits en justice.

Dimanche, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le Conseil de sécurité ont condamné l'escalade de la violence dans la région d'Abyei entre les forces de sécurité des gouvernements du Soudan et du Sud-Soudan.