Libye : l'ONU a besoin de plus de 400 millions de dollars pour aider les civils

Libye : l'ONU a besoin de plus de 400 millions de dollars pour aider les civils

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Alors que les affrontements continuent en Libye entre les forces d'opposition et celles loyales à Mouammar Qadhafi, l'ONU a révisé à la hausse mercredi son appel de fonds humanitaire, pour le porter à 408 millions de dollars afin d'assister 2,1 millions de civils.

« Le conflit, l'interruption du fonctionnement des infrastructures étatiques et la pénurie d'argent liquide et d'essence sont sources de grandes inquiétudes pour la population libyenne », a indiqué mercredi la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, à Genève, en Suisse.

« A Misrata, qui reste au premier plan de nos inquiétudes, la population manque de nourriture, d'eau et d'autres articles de base. Les pénuries généralisées paralysent le pays ce qui va affecter gravement la population dans les mois et les semaines à venir, particulièrement les plus pauvres et les plus vulnérables », a-t-elle ajouté.

En comparaison à l'appel de fonds précédent, l'ONU et ses partenaires ont demandé 233 millions de dollars supplémentaires afin d'assurer le fonctionnement des opérations humanitaires jusqu'en septembre. A ce jour 175 millions de dollars ont été récoltés.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), la situation pourrait empirer si les pénuries venaient à durer et à s'amplifier. La crise est en train de toucher les pays voisins, s'inquiète OCHA, qui précise que le Niger et le Tchad sont confrontés au fardeau que constituent les populations qui fuient les affrontements.

Valerie Amos a réitéré son appel à l'instauration d'un cessez-le-feu à Misrata afin d'acheminer l'aide humanitaire aux populations piégées par les affrontements armés.

Lundi, le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a déposé auprès des juges de la CPI une requête demandant le lancement de mandats d'arrêt contre le dirigeant libyen, Mouammar Qadhafi, son fils, Saïf Al Islam Qadhafi, et le chef du renseignement militaire, Abdullah Al Sanousi, pour des crimes contre l'humanité commis en Libye depuis février 2011.

L'Envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Abdul Ilah Khatib, s'est rendu dimanche à Tripoli, la capitale libyenne, afin d'y rencontrer les membres du gouvernement et tenter de progresser vers une sortie politique de la crise. De son côté, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a discuté dimanche par téléphone avec le Premier ministre libyen sur la situation dans le pays.