La FAO met au point un outil pour évaluer le potentiel et l'impact des bioénergies

17 mai 2011

Vu l'intérêt croissant pour la production de bioénergie, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a mis au point une nouvelle méthodologie pour aider les gouvernements à évaluer le potentiel des bioénergies et leur impact possible sur la sécurité alimentaire.

Vu l'intérêt croissant pour la production de bioénergie, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a mis au point une nouvelle méthodologie pour aider les gouvernements à évaluer le potentiel des bioénergies et leur impact possible sur la sécurité alimentaire.

Cette méthodologie vient d'être finalisée après trois années de développement et d'essais sur le terrain notamment au Pérou, en Tanzanie et en Thaïlande.

« Notre objectif est d'aider les décideurs à prendre des décisions éclairées quant à la question de savoir si le développement des bioénergies est une option viable et, le cas échéant, d'identifier les politiques qui en maximiseront les avantages et en minimiseront les risques », indique Heiner Thofern qui dirige le projet BEFS (Bioenergy and Food security Framework).

Les pics enregistrés par les cours du pétrole et les préoccupations relatives à la sécurité énergétique ainsi que les inquiétudes quant aux gaz à effet de serre émis par les carburants fossiles ont été les principaux moteurs de la croissance de la filière bioénergies.

Autre avantage potentiel important : les investissements dans la filière bioénergies pourraient susciter les investissements qui manquent cruellement dans les infrastructures agricoles et de transport dans les zones rurales et, en créant des emplois tout en augmentant les revenus des ménages, ils pourraient atténuer la pauvreté et l'insécurité alimentaire.

« La FAO, pendant des années, a souligné que le sous-investissement dans l'agriculture est un problème qui grève lourdement la production alimentaire dans le monde en développement, ce qui, allié à la pauvreté rurale, est un facteur essentiel de la faim dans le monde », fait valoir M. Thofern.

« S'il est réalisé correctement et opportunément, le développement des bioénergies offrirait une chance pour doper les investissements et l'emploi dans des secteurs qui en auraient un besoin pressant », a-t-il ajouté.

Le Brésil est souvent cité comme un exemple à suivre pour les pays qui souhaiteraient utiliser les bioénergies pour satisfaire leurs besoins énergétiques. Dans ce pays, qui est le deuxième plus gros producteur mondial de bioéthanol, un million de véhicules sont alimentés en carburant tiré de la canne à sucre.

A l'avenir, l'Europe est susceptible d'émerger comme un marché d'exportation de produits issus des bioénergies. Pareille tendance offre aux agriculteurs du monde en développement de nouvelles opportunités.

Des études de la FAO ont, par ailleurs, montré que les projets de bioénergie à petite échelle, qui ne ciblent pas les marchés d'exportation, peuvent améliorer la sécurité alimentaire et contribuent à stimuler les économies rurales.

Parallèlement à l'intérêt croissant pour les bioénergies se sont également accrues les inquiétudes quant à leurs effets négatifs potentiels. En tête de ceux-ci, la FAO cite le risque que l'expansion des cultures bioénergétiques se fasse au détriment de la production alimentaire, ce qui réduirait les disponibilités en denrées alimentaires et entraînerait les prix à la hausse.

Autres motifs de préoccupation : le déboisement pour convertir de nouvelles terres à des cultures bioénergétiques et les effets d'une telle conversion sur les autochtones.

Selon M. Thofern, les risques potentiels et les bénéfices doivent être soigneusement jaugés à l'aune des variables spécifiques par pays et par région. La production de bioénergie n'est pas une panacée et ne sera pas toujours appropriée ou viable. Dans certains cas, elle pourrait même être nuisible.

« Cela dit, nous ne pouvons pas ignorer le fait que dans d'autres cas, la production de bioénergie offre de grandes possibilités pour revitaliser les économies rurales, réduire la pauvreté, et améliorer la sécurité alimentaire des ménages », a conclu l'expert de la FAO.

 

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