Kosovo : l'ONU appelle à la poursuite du dialogue entre Pristina et Belgrade

Kosovo : l'ONU appelle à la poursuite du dialogue entre Pristina et Belgrade

Lamberto Zannier, Représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour le Kosovo.
Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial de la Mission d'administration intérimaire de l'ONU pour le Kosovo (MINUK), Lamberto Zannier, a salué jeudi la tenue du dialogue entre dirigeants kosovars et serbes tout en déplorant quelques violences survenues récemment à Pristina en signe de protestation contre le processus de réconciliation

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« Je considère comme particulièrement positif le fait qu'aujourd'hui une rencontre à Pristina entre les membres du gouvernement Kosovar et le chef des négociateurs Serbes puisse se tenir et j'espère que cela va ouvrir la voie pour que de futurs progrès soient effectués entre les deux parties », a déclaré jeudi Lamberto Zannier devant le Conseil de sécurité.

« Sur une note moins positive cependant, je regrette de vous informer que des manifestations ont eu lieu en signe de protestation contre cette rencontre, et ont résulté par de nombreux blessés. De telles violences sapent le dialogue et doivent être fermement condamnées », a-t-il ajouté.

Il a souligné le rôle décisif de l'Union européenne (UE) dans le dialogue de réconciliation entre Pristina et Belgrade.

Sur la situation générale, le Représentant spécial a indiqué que « le manque de perspectives économiques » étaient également « un obstacle aux processus de retour » des populations qui ont fui les affrontements.

« Alors que 2010 a été l'année la plus prodigue en terme de retours sur les six dernières années, totalisant 2.775 personnes, le premier quart de l'année 2011 montre une diminution des retours volontaires de 53% comparé à l'année précédente », a souligné Lambert Zannier.

Suite à la publication en février dernier d'un rapport de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe tirant la sonnette d'alarme sur le trafic d'organes au Kosovo, Lamberto Zannier, a réitéré « qu'il était essentiel que ces allégations devaient faire l'objet d'une enquête impartiale et indépendante ».

Il a souligné que la Mission État de droit de l'Union européenne (EULEX) au Kosovo avait déclaré avoir la capacité de mener l'enquête tandis que le gouvernement serbe s'est prononcé en faveur de l'établissement d'un mécanisme ad hoc sous l'autorité du Conseil de sécurité. La MINUK a réitéré qu'elle était prête à coopérer quelque soit la solution choisie, a-t-il indiqué.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son rapport trimestriel sur la situation du pays, a fait le point sur les activités menées par la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et sur l'évolution de la situation entre le 16 janvier et le 15 avril 2011.

Il a précisé d'abord que les priorités de la Mission demeurent les mêmes, à savoir promouvoir la sécurité, la stabilité et le respect des droits de l'homme au Kosovo et dans la région.

« La MINUK continue de promouvoir la réalisation de ces objectifs en entretenant un dialogue avec Pristina et Belgrade, ainsi qu'avec les communautés du Kosovo et les acteurs régionaux et internationaux », assure M. Ban.

S'il juge prématuré d'évaluer les résultats du dialogue national, facilité par l'Union européenne (UE), le Secrétaire général n'en exhorte pas moins Pristina et Belgrade à faire preuve de bonne foi et de solidarité constructive ainsi qu'à redoubler d'efforts pour parvenir à une convergence sur les questions qui font l'objet des discussions.

Sur le plan de la sécurité, Ban Ki-moon est encouragé de constater que la situation dans le nord du Kosovo est restée relativement calme au cours de la période examinée. Il compte, à ce propos, sur le dialogue entre Pristina et Belgrade en vue de fournir un cadre approprié pour régler des problèmes de longue date.

« Dans le même temps, il est important de préconiser un dialogue entre les communautés vivant dans cette région et d'exhorter toutes les parties à éviter les mesures unilatérales qui risquent d'être préjudiciables à la situation sur le terrain », a-t-il conclu dans ses observations.