Somalie : l'ONU appelle à assister le pays frappé par la violence et la sécheresse

Somalie : l'ONU appelle à assister le pays frappé par la violence et la sécheresse

Un soldat de la paix de l'Union africaine surveillant un quartier de Mogadiscio.
Malgré les progrès accomplis par le Gouvernement fédéral de transition somalien, le pays a besoin « de toute urgence d'une aide supplémentaire de ses partenaires internationaux », déclare le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans son dernier rapport sur la Somalie, en proie à la violence et à une sécheresse sans précédent.

La Somalie est « confrontée à un niveau de violence, à des aléas climatiques et à une insécurité qui ébranleraient jusqu'aux pays les plus stables », écrit Ban Ki-moon dans ce rapport publié mercredi.

« La Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) et le Gouvernement fédéral de transition ont obtenu quelques bons résultats mais ils ont besoin d'appuis renforcés. La communauté internationale doit tenir sa part d'engagements. Le Gouvernement de transition a besoin de toute urgence d'une assistance pour stabiliser, relever et reconstruire Mogadiscio », ajoute-t-il.

« Si nous accentuons les gains militaires, apportons une aide humanitaire et obtenons des progrès politiques, nous pouvons mettre la Somalie sur la voie de la stabilité et de la paix. Si nous échouons dans cette tâche, nous risquons de nous retrouver face à une crise humanitaire de plus en plus dramatique, à des conditions de sécurité dégradées et à une aggravation des menaces contre la paix et la stabilité régionales », prévient le Chef de l'ONU.

Il plaide aussi pour l'accélération du déploiement de contingents supplémentaires destinés à renforcer l'AMISOM. Avec une mission plus forte, Ban Ki-moon estime que le Gouvernement fédéral de transition pourra gagner des territoires, en conserver le contrôle et commencer à mettre en place des services publics pour les Somaliens.

« De trop nombreux civils ont été pris dans des échanges de tirs, car la plupart des combats ont eu lieu dans des centres urbains. J'appelle toutes les parties à assurer la protection des civils, à respecter les principes humanitaires et à garantir l'accès sans restriction aux personnes ayant besoin d'aide. Je condamne les agissements des milices Al-Shabaab, qui utilisent délibérément des civils comme boucliers humains et lancent des attaques depuis des zones habitées », indique le Secrétaire général ajoutant que l'AMISOM devrait disposer des ressources nécessaires pour augmenter ses capacités.

Sur le plan politique, Ban Ki-moon déplore les querelles actuelles au sein des institutions fédérales de transition sur l'extension de la période de transition. Il estime que cette prorogation du statut de transition retarderait encore la mise en place « des services de base, du relèvement et de la reconstruction » du pays.

Le Chef de l'ONU appelle les institutions fédérales de transition « à œuvrer de concert pour lancer un processus propre à encourager la réconciliation nationale et qui soit crédible, consensuel et accepté par la majorité des Somaliens ».

Enfin, le Secrétaire général rappelle que la sécheresse qui frappe la Somalie est « préoccupante ». « La poursuite des hostilités ne fait qu'aggraver la situation. Les habitants n'ont souvent d'autre choix que de quitter leur ville ou leur village pour échapper à la famine et à la mort. L'appel humanitaire de cette année pour la Somalie demande 529 millions de dollars pour répondre aux besoins urgents. En avril 2011, un quart seulement de cette somme avait été réuni », explique Ban Ki-moon.