Syrie : l'ONU s'inquiète de l'opération militaire contre la ville de Deraa

Syrie : l'ONU s'inquiète de l'opération militaire contre la ville de Deraa

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Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, a exprimé mercredi devant le Conseil de sécurité l'inquiétude des Nations Unies concernant l'opération de l'armée syrienne contre Deraa, une des villes les plus en pointe dans le mouvement de contestation du régime du Président Bachar Al-Assad.

Le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, a exprimé mercredi devant le Conseil de sécurité l'inquiétude des Nations Unies concernant l'opération de l'armée syrienne contre Deraa, une des villes les plus en pointe dans le mouvement de contestation du régime du Président Bachar Al-Assad.

Face au soulèvement populaire qui a démarré mi-mars, le gouvernement syrien a réagi par un mélange de réformes et de répression violente, a rappelé M. Pascoe dans cet exposé devant les membres du Conseil de sécurité.

« Nous sommes inquiets au sujet du bien être de la population, notamment concernant son accès aux soins médicaux, et dans certaines villes à la nourriture et à l'eau potable », a-t-il dit.

Depuis mi-mars, le nombre de manifestants tués par les forces de sécurité serait supérieur à 300, et se situerait plutôt entre 350 et 400. Des vagues d'arrestations de manifestants, de militants des droits de l'homme, d'avocats et de journalistes ont été signalées ainsi que l'usage de la torture, a indiqué M. Pascoe.

Le Secrétaire général adjoint s'est notamment inquiété de l'opération militaire d'envergure contre Deraa, dans le sud du pays, et dans les villages environnants. « Des chars et un grand nombre de soldats sont entrés dans la région », a-t-il relevé. « Des sources fiables signalent l'usage d'artillerie contre des civils non armés, des opérations porte-à-porte pour procéder à des arrestations, des tirs contre du personnel soignant tentant d'aider les blessés, des raids contre des hôpitaux, des cliniques et des mosquées, et la destruction intentionnelle de fournitures médicales et l'arrestation de personnels soignants. »

« L'ONU peut confirmer que l'électricité, les systèmes de télécommunications et l'eau ont été coupés dans la ville depuis lundi au moins, et qu'en raison de ces opérations, l'école et le dispensaire de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) sont fermés depuis une semaine. Il y aurait des pénuries de médicaments, de nourriture et d'eau et cela pourrait devenir un problème humanitaire majeur dans les prochains jours »

« Les Nations Unies demandent un accès à ces zones pour évaluer les besoins humanitaires », a-t-il dit. Il a également noté que la frontière terrestre entre la Syrie et la Jordanie a été fermée pendant l'essentiel de la période de cette opération militaire.

Pour conclure, M. Pascoe a rappelé que le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, suivait « la situation en Syrie de près et avec grande préoccupation. »