Argentine : une experte inquiète de la crise du logement et de la hausse des expulsions

25 avril 2011

A l'issue d'une visite effectuée du 13 au 21 avril en Argentine, une experte indépendante des Nations Unies sur le droit au logement a exprimé sa préoccupation concernant l'augmentation des expulsions violentes et a appelé à une stratégie globale de lutte contre la crise du logement.

Dans un communiqué, la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement convenable, Raquel Rolnik, a précisé avoir entendu d'innombrables témoignages sur des expulsions violentes, « souvent menées par l'Etat et sur des terrains publics et sans possibilité de réinstallation ou de compensation pour les familles touchées. »

Selon elle, les expulsions sont en augmentation dans les zones urbaines et rurales et affectent en particulier les résidents des quartiers informels, ainsi que les paysans et les peuples autochtones.

« Je suis très préoccupée par les expulsions violentes se déroulant dans diverses régions du pays et le manque de promotion plus complète d'un logement convenable en Argentine », a déclaré Mme Rolnik.

Elle a noté que « l'occupation informelle » d'un terrain est devenue la principale forme d'accès au logement dans le pays en raison du manque de logements abordables.

En outre, il existe un phénomène croissant, dans diverses régions du pays, de criminalisation des personnes qui occupent des terres ou des bâtiments, et qui sont de plus en plus victimes de stigmatisation.

« En dépit d'un effort budgétaire significatif adopté par le gouvernement depuis 2003 en réponse à la crise du logement, et de la participation des provinces et des municipalités à cet effort, le déséquilibre entre l'offre et la demande a continué d'augmenter », a noté la Rapporteuse spéciale. « Ceci est en partie due à la négligence par l'État des problèmes de logement au cours des décennies précédentes. Mais la situation s'est récemment détériorée en raison de la croissance économique que l'Argentine connaît et de ses effets directs sur l'augmentation des prix des terres, y compris les terrains, logements et loyers urbains qui ont augmenté proportionnellement davantage que les revenus de la plupart de la population. »

Mme Rolnik a également exprimé son inquiétude au sujet de la faiblesse du système d'allocation de programmes de logements sociaux, qui ouvre la porte à la discrimination, et qui a fait de ce sujet l'objet de conflits politiques.

 

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