Syrie : l'ONU dénonce l'escalade de la répression par le gouvernement

25 avril 2011

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a estimé lundi que la réponse « erratique et violente » du gouvernement syrien face aux manifestations pacifiques était « inacceptable » et que les forces de sécurité devaient cesser immédiatement d'utiliser des balles réelles contre des manifestants.

Mme Pillay a déclaré que son bureau avait reçu une liste nominative de 76 personnes qui ont été tués vendredi au cours de marches visiblement pacifiques, mais que ce chiffre pourrait être considérablement plus élevé. Elle a ajouté que son personnel étudiait les informations faisant état du meurtre d'au moins 13 autres personnes lors de processions funèbres samedi.

« La communauté internationale a maintes fois exhorté le gouvernement syrien de cesser de tuer son propre peuple, mais nos appels sont restés lettre morte », a déclaré Mme Pillay.

« Au lieu de cela, la réponse du gouvernement a été erratique, avec des réformes sur le papier suivies par une répression violente contre des manifestants. Seulement quelques jours après l'annonce de réformes radicales et importantes, nous assistons à un véritable mépris pour la vie humaine par les forces de sécurité syriennes. Les tueries doivent cesser immédiatement », a-t-elle ajouté

La Haut commissaire aux droits de l'homme a noté que le Président syrien avait ordonné aux forces de sécurité de ne pas recourir à la violence contre les manifestants, mais que l'usage excessif de la force n'a fait que s'intensifier au cours des derniers jours.

« Le gouvernement a une obligation juridique internationale de protéger les manifestants pacifiques et le droit de manifester pacifiquement », a-t-elle dit. « La première étape consiste maintenant à mettre fin immédiatement à l'usage de la violence, puis à mener une enquête complète et indépendante sur les homicides, y compris le meurtre présumé d'officiers militaires et de sécurité, et à traduire les coupables en justice. »

Le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HDCH) a également reçu des informations sur les arrestations de dizaines de manifestants, défenseurs des droits humains, journalistes et autres personnes.

Navi Pillay a estimé que la détention de militants déclarés était préoccupante et a appelé les autorités à libérer tous les prisonniers politiques. Les journalistes et les défenseurs des droits humains doivent être en mesure de faire leur travail sans crainte de représailles, d'arrestations et de violence, a-t-elle ajouté.

Lors d'une réunion avec des représentants du gouvernement syrien la semaine dernière, la Haut commissaire a noté l'annonce de la levée de l'état d'urgence qui était en vigueur depuis des dizaines d'années et l'abolition de la redoutable Haute cour de sûreté de l'Etat. Elle a également demandé la modification d'autres lois qui entravent les libertés fondamentales.

« La poursuite de la répression et de la violence indique cependant que le gouvernement, soit n'est pas sérieux au sujet de ces réformes, ou bien est incapable de contrôler ses propres forces de sécurité », a-t-elle noté. « Je demande instamment au Président Al-Assad et à son gouvernement de mettre rapidement en œuvre les réformes promises pour rétablir la confiance du peuple. »

Elle a indiqué que son bureau était prêt à déployer du personnel pour évaluer la situation en Syrie.

Au cours du weekend, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a également condamné la répression en Syrie.

La Syrie est en proie à un mouvement de contestation du régime du Président Bachar al-Assad depuis le 15 mars. Selon la presse, la répression semblait s'intensifier lundi contre les dissidents.

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