Soudan : du retard dans les négociations post-référendum

20 avril 2011

Trois mois après la tenue du référendum d'auto-détermination du Sud-Soudan, les négociations post-référendaires risquent de ne pas être achevées d'ici au 9 juillet, a prévenu mercredi le Sous-Secrétaire général de l'ONU aux opérations de maintien de la paix, Atul Khare, devant les membres du Conseil de sécurité.

M. Khare a présenté le rapport du Secrétaire général Ban Ki-moon sur la question. Dans ce rapport, le Secrétaire général se prononce en faveur d'une prorogation du mandat de la Mission des Nations Unies au Soudan (MINUS) jusqu'au 9 juillet 2011, date à laquelle s'achèvera la période intérimaire prévue par l'Accord de paix global, une recommandation appuyée par la délégation du Soudan.

Le Sous-Secrétaire général a souligné que le bon déroulement du référendum sur l'autodétermination du Sud-Soudan a été un accomplissement historique, témoignant de l'engagement des parties à l'Accord de paix global, ainsi que du courage du Président Omar Al-Bachir et du Vice-Président Salva Kiir. « Le référendum a également montré que, lorsqu'elle bénéficie du soutien cohérent et concerté de la communauté internationale, l'action menée par l'ONU au service de la paix et de la sécurité peut être efficace », a ajouté Atul Khare.

Il reste toutefois plusieurs défis à relever, a observé le Sous-Secrétaire général, expliquant que plusieurs questions essentielles de l'Accord de paix global n'ont pas encore été réglées ou l'ont été de manière incomplète. À l'issue du référendum, il y a eu des tensions dans le Sud, notamment entre l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et des insurgés et milices, ce qui a mis ainsi en péril les civils, a-t-il indiqué.

Intervenant à son tour, le représentant du Soudan a estimé que le référendum d'autodétermination du Sud-Soudan n'était pas une fin en soi. Il a rappelé que le Président du Soudan avait déterminé les principes et les directives du traitement des questions post-référendaires, ces dernières, a-t-il précisé, étant épineuses et leur traitement exigeant beaucoup de temps.

La situation dans la zone d'Abyei, qui doit choisir par référendum son rattachement au Nord ou au Sud-Soudan, est restée instable et les parties n'ont pas progressé vers une solution sur le statut futur d'Abyei, a poursuivi Atul Khare.

Le représentant du Soudan a précisé que le gouvernement du Soudan avait continué de traiter de façon positive les propositions du Facilitateur et des médiateurs concernant le statut d'Abyei, y compris celle faite par Thabo Mbeki, qui est à la tête du Groupe de mise en œuvre de haut niveau de l'Union africaine, dont l'action vise la délimitation d'un cadre. Malheureusement, l'autre partie a fait la sourde oreille et a rejeté cette proposition, a regretté le représentant du Soudan.

M. Khare a constaté avec satisfaction la coopération qui existe entre le Parti du congrès national et le Mouvement populaire de libération du Soudan (MPLS), mais s'est inquiété de la lenteur des progrès sur les questions en suspens relatives à l'Accord de paix global, comme celles ayant trait au tracé de la frontière et au statut d'Abyei. De même, si le Cycle de négociations mené à Addis-Abeba début avril s'est achevé par un accord sur une approche commune pour la gestion de la dette, il reste encore des questions à régler, a indiqué M. Khare. Des progrès ont aussi été notés s'agissant de la gestion commune de la frontière, même si les parties divergent en ce qui concerne la nécessité d'impliquer une tierce partie.

Du fait de ces désaccords, il est possible que les questions en suspens de l'Accord de paix global ne soient pas résolues, et que les négociations post-référendaires ne soient pas achevées d'ici au 9 juillet, a averti M. Khare. Il a mentionné le retard pris dans les consultations populaires dans l'État du Nil Bleu ou dans celui du Kordofan méridional, consultations qui sont pourtant vitales pour le développement de relations pacifiques entre le nord et le sud du Soudan.

Enfin, M. Khare a expliqué que les conclusions de l'évaluation technique d'une éventuelle présence onusienne de paix et de sécurité au Sud-Soudan se basent sur une conception large du mandat et du rôle de la mission. Le Secrétaire général présentera ses recommandations à cet égard dans un rapport qui sera publié le 13 mai.

 

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