Golfe d'Aden : naufrage de deux bateaux transportant des réfugiés

Golfe d'Aden : naufrage de deux bateaux transportant des réfugiés

Le corps d'un homme ayant tenté de traversé le golfe d'Aden rejeté sur une plage du Yémen.
Seize personnes se sont noyées et cinq autres sont portées disparues suite à deux naufrages qui se sont déroulés cette semaine dans le golfe d'Aden. Presque toutes les victimes sont des Somaliens fuyant les violences et les abus de droits humains dans leur pays natal, a indiqué vendredi le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Le premier naufrage a eu lieu au lever du jour le 13 avril. Un bateau transportait 45 personnes (35 hommes et 10 femmes), des réfugiés somaliens originaires de Mogadiscio et de Hiran. Il a chaviré à environ deux kilomètres au large des côtes yéménites près de la ville de Murais, à plus de 300 kilomètres à l'est d'Aden. Parmi les passagers, 15 personnes se sont noyées et cinq sont portées disparues. Les rescapés (5 femmes et 30 hommes) ont rejoint la côte à la nage. Ils ont été retrouvés plus tard par Humanitarian Solidarity (SHS), un partenaire local du HCR, et amenés au centre de réception d'Ahwar où ils reçoivent des soins et une assistance, a expliqué un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'une conférence de presse à Genève.

Selon les survivants, le bateau a quitté le quartier d'Elayo à Bossasso dans le Puntland le 11 avril à environ 18h00. Il a été immédiatement confronté à une mer agitée et des vents forts. Le bateau a subi un début de voie d'eau et les passagers ont dû écoper pour maintenir le bateau à flot.

L'embarcation s'est approchée de la côte yéménite dans l'après-midi du 12 avril mais les passeurs craignaient d'être interceptés par les gardes-côtes yéménites. Ils ont refusé de naviguer trop près de la côte. Les passagers, qui étaient alors déshydratés et affamés, ont commencé à pleurer et à crier. Malgré leurs appels, l'équipage a décidé de rester en mer jusqu'au matin. Le bateau endommagé a fini par sombrer dans une mer démontée.

Les survivants ont indiqué que, durant leur traversée, ils avaient vu un cargo et un bâtiment de forces navales étrangères. Ils ont expliqué que le vaisseau de marine s'était approché de leur bateau mais qu'il avait ignoré leur appel à l'aide. « Cette information est inquiétante », a déclaré le porte-parole du HCR. « Le HCR appelle tous les capitaines de navires dans le golfe d'Aden à respecter la longue tradition de sauvetage des vies humaines en mer et d'intervention pour aider des bateaux en détresse. »

Selon le personnel du centre de réception d'Ahwar, les rescapés sont épuisés, déshydratés et profondément traumatisés. Dans ce centre, le HCR et SHS leur assurent des soins, y compris une aide psychologique. Les corps de 15 victimes ont été enterrés au cimetière d'Al-Haibalah. Les passeurs auraient survécu et auraient fui en direction de Mukalla – une ville située à environ 520 kilomètres à l'est d'Aden – aussitôt après avoir rejoint la côte.

Dans le cadre d'un second accident, un bateau de passeurs avait pris la mer depuis Elayo le 11 avril avec 79 passagers à son bord, dont 77 Ethiopiens (neuf femmes et 68 hommes) et deux Somaliens (un homme et une femme). Il est arrivé au large des côtes yéménites près d'Al-Kaida dans le governorat de Shabwa le 13 avril à environ 6h00. Les passeurs ont jeté l'ancre en haute mer et ils ont forcé les passagers à sauter par-dessus bord. Un Ethiopien s'est noyé dans les vagues violentes.

« Notre partenaire, SHS, a retrouvé son corps sans vie et l'a enterré au cimetière d'Al-Hamra, près du centre de réception de Mayfa. Parmi les rescapés, neuf femmes et 64 hommes ont été découverts par SHS et transportés vers le centre de réception d'Ahwar pour y recevoir des soins et une assistance. D'autres ont quitté la plage de leur propre initiative », a expliqué Andrej Mahecic.

« Le HCR est préoccupé par le nombre croissant de victimes dans le golfe d'Aden cette année. 89 personnes auraient trouvé la mort par noyade durant les seuls mois de janvier et de février – en comparaison de 15 seulement pour toute l'année 2010. Nous sommes également très inquiets de la recrudescence de la violence et du traitement inhumain des passeurs envers les réfugiés, les demandeurs d'asile et les migrants qu'ils transportent à bord de leurs embarcations souvent impropres à la navigation. Le triste record enregistré pour les trois premiers mois de 2011 est un exemple frappant de cette tendance », a-t-il ajouté.

Plus de 6.500 Somaliens et 18.800 Ethiopiens sont déjà arrivés au Yémen par la mer cette année.