Iraq : Pillay condamne une opération contre un camp d'opposants iraniens

L'entrée du Camp Ashraf, en Iraq.
L'entrée du Camp Ashraf, en Iraq.

Iraq : Pillay condamne une opération contre un camp d'opposants iraniens

La Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a condamné vendredi une opération meurtrière des forces iraquiennes dans le camp d'Ashraf où vivent près de 3.000 exilés iraniens de l'Organisation des Moudjahidin du peuple d'Iran (OMPI - Mujahedin-e Khalq), le principal mouvement d'opposition extérieur au régime en place en Iran, et qui s'est soldée par la mort d'au moins 34 personnes et des dizaines de blessés.

« Tous les détails de ce qui s'est exactement passé dans la matinée du 8 avril continuent de commencer à apparaître », a-t-elle indiqué dans un communiqué, ajoutant qu'il « semble désormais certain qu'au moins 34 personnes ont été tuées, dont sept femmes ou plus ».

« La plupart ont été tués par balle, certains semblent avoir été écrasés, sans doute par des véhicules. Des dizaines d'autres se trouvent blessés dans l'hôpital du camp et ailleurs en Iraq », a-t-elle poursuivi, avant d'estimer que « les militaires iraquiens étaient bien conscients des risques liés au lancement d'une telle opération à Ashraf».

Après avoir demandé aux autorités un accès au camp mardi, la Haut commissaire a exigé cette fois l'ouverture d'une « enquête complète, indépendante et transparente », afin que « toute personne responsable d'un usage excessif de la force soit poursuivie », dans la mesure où selon elle, « il n'y a aucune excuse possible pour justifier un tel nombre de victimes ».

Selon la presse, des forces de sécurité iraquiennes ont pénétré vendredi 8 avril dans le camp d'Ashraf, qui se trouve à 60km de la capitale iraquienne, Bagdad, en réponse à des jets de pierre et des menaces de certains habitants. De violents affrontements entre policiers et Moudjahidine auraient alors éclaté.

Dans son communiqué, Navi Pillay appelle également d'autres gouvernements à aider à trouver une solution à long terme au problème des résidents du camp.

« Tout le monde craignait une tragédie comme celle là depuis longtemps », a-t-elle estimé. Se disant « bien consciente » de la délicatesse de la gestion de ce groupe d'opposition « à l'histoire compliquée », elle a souligné que « les laisser pourrir dans le camp d'Ashraf ne sera jamais une solution ».

« De toute évidence, dans la mesure où ils ne peuvent retourner en Iran et sont en danger en Iraq, la solution implique de les transférer vers des pays tiers. J'exhorte donc les gouvernements à prendre les mesures nécessaires, pragmatiques et généreuse, pour résoudre cette situation intenable », a-t-elle conclu.