Wikileaks : un expert de l'ONU déplore de ne pouvoir rencontrer Manning en privé

11 avril 2011

Le Rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Mendez, a déploré vendredi que le gouvernement américain ne lui permette pas de rendre visite à Bradley E. Manning, un militaire américain emprisonné en mai 2010 pour avoir transmis des documents confidentiels à Wikileaks.

« Depuis décembre 2010, à la demande de son avocat, j'ai demandé au gouvernement américain l'autorisation de visiter M. Manning, afin de déterminer sa situation actuelle », a déclaré lundi l'expert dans un communiqué.

« Malheureusement, le gouvernement américain n'a pas été réceptif pour qu'une rencontre confidentielle avec M. Manning se tienne », a-t-il ajouté.

Le Rapporteur spécial sur la torture a demandé l'autorisation de visite afin de s'entretenir en privé avec Bradley Manning.

« Depuis l'année dernière, à plusieurs reprises, j'ai exprimé de sérieuses inquiétudes sur les conditions de détention de M. Manning qui a été arrêté en mai 2010, et qui a été emprisonné dans sa cellule durant 23 heures par jour à la base des Marines à Quantico, en Virginie (Etats-Unis). J'ai également exhorté les autorités à garantir son intégrité physique et mentale », a souligné Juan Mendez.

« Même si je n'ai pas eu de réponse officielle de la part du Commandant brigadier, l'avocat de M. Manning m'a informé que la requête pour une visite officielle a été refusée », a précisé le Rapporteur qui estime que seule une visite privée reste l'alternative.

La différence entre une visite officielle et une visite privée c'est que la visite privée s'effectue en présence de gardes.

Vendredi 8 avril, le Rapporteur spécial a discuté avec les hautes autorités du ministère américain de la Défense qui n'ont pas exprimé d'objection à une visite privée.

« Je suis profondément déçu et frustré par la prévarication du gouvernement américain », a dit Juan Mendez.

« Je laisse M. Manning prendre connaissance, au travers de son avocat, de cette décision du gouvernement américain. Je suis d'accord pour le rencontrer s'il veut me parler, même dans le cadre de ces conditions, même si je vais continuer à insister pour l'obtenir un entretien sans témoins », a conclu le Rapporteur spécial de l'ONU.

 

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