L'ONU propose d'inscrire six produits chimiques à la Convention de Rotterdam

1 avril 2011
Un pesticide versé dans un réservoir avant d'être répandu dans un champ.

Des experts de l'ONU ont recommandé vendredi que plusieurs pesticides et produits chimiques industriels soient inclus à la Convention de Rotterdam sur le commerce international des produits chimiques et pesticides.

Dans un communiqué conjoint, l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) indiquent que les pesticides en cause sont l'azinphos méthyl et l'endosulfan, deux puissants insecticides, ainsi qu'un herbicide, le Gramoxone.

Selon les experts de l'ONU, l'azinphos méthyl et l'endosulfan, qui sont principalement utilisés dans le secteur agricole, respectivement pour la production de fruits et légumes, et pour celle du coton, du café et du thé, peuvent présenter des risques pour la santé des êtres humains et pour l'environnement.

De son côté, le Gramoxone contient du dichlorure de paraquat et est utilisé pour contrôler les mauvaises herbes dans la production de coton, de riz et de maïs. C'est le Burkina Faso qui a proposé de l'inclure à la liste de surveillance de la Convention en raison des problèmes causés sur son territoire, où il est fréquemment utilisé.

Depuis l'entrée en vigueur de la Convention en 2004, c'est la première fois que des recommandations sont faites pour l'ajout d'une préparation pesticide extrêmement dangereuse sur la liste de surveillance, a indiqué l'expert de la FAO et co-Secrétaire exécutif de la Convention de Rotterdam, Peter Kenmore.

Dans leur communiqué, la FAO et le PNUE indiquent par ailleurs avoir recommandé également l'inscription de trois produits chimiques industriels – le sulfonate de perfluorooctane, le pentaBDE et l'octaBDE- sur la liste de surveillance de la Convention de Rotterdam.

A l'appui de ces recommandations, leur toxicité, leur persistance dans les sols et les mesures réglementaires nationales prises par certains pays comme le Bénin, le Canada, l'Union européenne, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, qui ont interdit ou restreint l'utilisation de ces produits chimiques en raison du « risque inacceptable pour la santé humaine et l'environnement ».

La production industrielle des trois produits devrait d'ailleurs être interdite dans le cadre de la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants.

« La recommandation d'inclure ces trois produits chimiques industriels montre une accélération du taux de produits chimiques industriels nuisant à la santé humaine et l'environnement qui sont soumis à la Convention pour examen », a souligné de son côté l'expert du PNUE et co-Secrétaire exécutif de la Convention de Rotterdam, Donald Cooper.

La Convention de Rotterdam offre la possibilité pour un pays de décider quels sont les produits chimiques ou pesticides potentiellement dangereux qu'il accepte ou refuse d'importer sur son territoire. Par une « procédure de consentement préalable en connaissance de cause », tout pays signataire prévoyant d'exporter ces produits doit informer les pays importateurs et obtenir leurs permissions.

Actuellement, la liste de surveillance contient 11 produits chimiques, pesticides ou herbicides. Les recommandations de la FAO et du PNUE prévoyant l'ajout des ces nouveaux produits seront transmises à la Conférence des Parties à la Convention de Rotterdam organisée en juin prochain.

 

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