L'ONU condamne de nouvelles attaques du camp Gbagbo contre les civils

L'ONU condamne de nouvelles attaques du camp Gbagbo contre les civils

Des Casques bleus en patrouille en Côte d'Ivoire.
« Des forces loyales au Président Gbagbo ont tiré sur des civils innocents lundi après-midi à Williamsville faisant une dizaine de morts », a déploré mardi l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).

« Des forces loyales au Président Gbagbo ont tiré sur des civils innocents lundi après-midi à Williamsville faisant une dizaine de morts », a déploré mardi l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) qui condamne fermement « cette vague d'exactions contre les populations civiles ».

« Ces actes ne sauraient rester impunis », a souligné mardi l'ONUCI dans un communiqué. « De plus, un groupe de jeunes pro-Gbagbo ont imposé le supplice du pneu à un jeune homme brûlé vif dans le quartier de la Riviera. Un autre groupe a sauvagement agressé deux fonctionnaires de l'ONUCI qui vaquaient à leurs occupations », poursuit la Mission.

Face à cette augmentation considérable « des cas de violations des droits de l'homme et de ces pratiques barbares », la Mission estime qu'il est nécessaire de régler l'impasse politique pour « sortir de cette spirale de la violence ».

Un hélicoptère de l'ONUCI, a également essuyé des tirs lundi après-midi, alors qu'il effectuait un vol de reconnaissance au-dessus de Duékoué, où les affrontements se sont intensifiés ces derniers jours.

« Des éléments des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (alliées à Alassane Ouattara) sont les auteurs de ces tirs qui n'ont pas atteint l'hélicoptère », a affirmé l'ONUCI.

La Mission onusienne condamne « avec énergie cette attaque contre des Casques bleus qui constitue un crime de guerre » et lance « un appel pressant aux autorités compétentes pour que tout les mesures soient prise en vue d'en identifier les responsables afin qu'ils répondent de leurs actes ».

L'ONUCI a réitéré « sa totale impartialité militaire » et a de nouveau exhorté « toutes les parties à trouver rapidement une solution définitive à la crise postélectorale pour mettre fin aux souffrances du peuple ivoirien ».

Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) continue d'être extrêmement préoccupé par la spirale de la violence en Côte d'Ivoire. Alors qu'Abidjan a connu un calme relatif ces derniers jours, de nouveaux affrontements sont survenus dans l'ouest, le centre-ouest et l'est.

« A chaque nouvel affrontement dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, le Libéria constate de nouvelles arrivées de réfugiés de son côté. Depuis maintenant une semaine, le département de Grand Gedeh dans l'est du Libéria accueille l'afflux le plus important en raison des combats violents dans la ville ivoirienne de Blolequin », a déclaré mardi la porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

« Depuis mardi dernier, le HCR en coopération avec les autorités locales a enregistré plus de 10.000 nouveaux arrivants, principalement dans les districts de Gbarzon et de Tchein. Cela porte à 24.507 le nombre de réfugiés dans le département, soit 22% du total des 112.000 réfugiés ivoiriens ayant fui vers le Libéria depuis fin novembre », a-t-il ajouté.

Les mouvements à travers la frontière vers le département de Grand Gedeh se poursuivent à un rythme d'environ 300-400 personnes par jour.

« Nous nous attendons à de nouvelles arrivées car les réfugiés nous indiquent que beaucoup d'autres civils sont en route vers le Libéria.

Plusieurs personnes déclarent que, dans la panique, elles ont laissé des membres de leur famille, notamment des enfants. Pour atteindre le Libéria, elles traversent la rivière Cavally avec très peu d'affaires et généralement sans argent », a expliqué Melissa Fleming.

Le HCR a ouvert un premier camp de réfugiés il y a 10 jours dans la ville d'Ampain, avec une capacité maximale d'accueil de 3,000 réfugiés. Le HCR fournit des vivres ainsi qu'une aide non alimentaire.

« Bien que le nombre de réfugiés au Ghana soit relativement limité, la situation en voie de détérioration rapide en Côte d'Ivoire exige que nous nous préparions à un afflux très important. Dans les jours prochains, nous déploierons une équipe d'urgence de six personnes au Ghana », a souligné la porte-parole du HCR.

Plus à l'est, au Togo, environ 857 Ivoiriens ont également trouvé refuge à Lomé, la capitale. Plus de 62% d'entre eux sont des hommes. Ils ont fui à travers le Ghana en provenance d'Abobo, PK-18, Adjame, Williamsville et Yopougon.

Au total, environ 116.000 Ivoiriens ont fui vers sept pays de l'Afrique de l'Ouest, dont la Guinée, le Mali, le Burkina Faso, le Bénin et le Nigéria. Jusqu'à présent, les bailleurs de fonds ont alloué 20 millions de dollars sur les 97 millions demandés par le HCR.