La tuberculose multi-résistante menace les progrès, selon l'ONU

La tuberculose multi-résistante menace les progrès, selon l'ONU

Un patient ayant la tuberculose.
Malgré l'optimisme suscité par la mise au point d'un nouvel outil de diagnostic rapide de la tuberculose, cet espoir est tempéré par la menace que représente les formes de tuberculose multi-résistante aux médicaments standards, a souligné jeudi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'occasion de la Journée internationale de la tuberculose.

« Cette année, la Journée internationale de la tuberculose est placée sous le signe de l'optimisme. La mise au point d'un nouvel outil de diagnostic rapide et sensible promet en effet des progrès plus rapides dans la lutte contre cette maladie », a déclaré le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, dans un message à l'occasion de cette Journée.

« Cet espoir est cependant tempéré par le fait que les formes de tuberculose multi-résistance restent une menace constante qui, si on la laisse se répandre, pourrait saper les améliorations régulières enregistrées au cours des 20 dernières années », a-t-il ajouté.

La tuberculose multi-résistante est une forme de tuberculose qui ne peut être soignée avec les médicaments standards de première intention. En 2009, l'OMS a estimé que 9,4 millions de personnes avaient développé la tuberculose et que 1,7 million en étaient mortes, dont 380.000 personnes affectées par le VIH et la tuberculose. En 2008, année la plus récente pour laquelle des estimations sont disponibles, il y avait environ 440.000 cas de tuberculose multi-résistante qui ont entraîné 150.000 décès.

Selon l'OMS, ne pas traiter la tuberculose multi-résistante contribue à accroître le risque de propagation de souches résistantes aux médicaments. Selon les dernières estimations, il y aura entre 2011 et 2015 plus de 2 millions de nouveaux cas de tuberculose multi-résistante.

L'initiative Halte à la tuberculose lancée par l'OMS a permis de réaliser de grandes avancées, notamment en améliorant considérablement le traitement de la maladie. Ces 15 dernières années, plus de 40 millions de personnes ont été soignées dans le cadre de cette initiative. La prévalence et le taux de décès continuent de décliner, ce qui témoigne de l'efficacité de la détermination internationale à sauver des vies humaines.

« Si nous ne faisons pas preuve de vigilance, ces progrès pourraient toutefois être réduits à néant. Les fonds alloués à la mise en œuvre de l'initiative sont largement insuffisants, de même que ceux destinés à la recherche d'outils supplémentaires dont le besoin se fait pourtant cruellement sentir. Faute de progrès continus dans la prévention, le diagnostic précoce et le traitement de la tuberculose, cette maladie fera 8 millions de morts d'ici à 2015, parmi lesquels un grand nombre de personnes vivant avec le VIH », a souligné le Chef de l'ONU.

Environ un tiers des malades n'ont pas accès à un diagnostic fiable ni aux soins nécessaires. Ces quelque 3 millions de personnes appartiennent pour la plupart à des groupes vulnérables et marginalisés, comme les habitants de taudis, les travailleurs migrants et les utilisateurs de drogues.

« L'accès à des soins de santé de qualité est un droit fondamental. À l'occasion de la Journée internationale de la tuberculose, j'appelle à la mise en œuvre universelle de l'initiative Halte à la tuberculose. Cette démarche contribuera dans une large mesure à donner à chacun accès au diagnostic et au traitement, ce qui permettra à son tour de débarrasser la planète de l'une des maladies infectieuses les plus meurtrières pour l'humanité », a conclu le Secrétaire général.