Au Caire, Ban Ki-moon appelle à parler d'une seule voix sur la Libye

Au Caire, Ban Ki-moon appelle à parler d'une seule voix sur la Libye

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à gauche) avec le Secrétaire général de la Ligue des Etats arabes, Amre Moussa.
A l'issue d'une rencontre lundi avec le chef de la Ligue des Etats arabes, Amre Moussa, au Caire, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé la communauté internationale à parler d'une seule voix sur la Libye, où une zone d'exclusion aérienne a été mise en place à la suite d'une résolution du Conseil de sécurité.

« Les Nations Unies sont prêtes à aider dans toutes les situations à mettre un terme à la violence, à protéger les civils et à promouvoir les réformes nécessaires », a dit Ban Ki-moon lors d'une conférence de presse après sa rencontre avec Amre Moussa. Il ajouté qu'il était impératif concernant la Libye « que la communauté internationale continue de parler d'une seule voix afin de pleinement mettre en oeuvre les résolutions » du Conseil de sécurité.

Selon la presse, Amre Moussa avait critiqué dimanche les frappes aériennes internationales sur la Libye, estimant qu'elles allaient au-delà de la zone d'exclusion aérienne réclamée par la Ligue des Etats arabes et causaient des pertes civiles. Lundi, lors de sa conférence de presse avec Ban Ki-moon, M. Moussa a assuré qu'il soutenait la résolution de l'ONU sur la Libye.

Samedi, le Secrétaire général avait déjà rencontré Amre Moussa à Paris en France lors d'un sommet international destiné à coordonner la mise en œuvre des résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité sur la Libye. Il a salué à nouveau lundi le soutien de la Ligue des Etats arabes à la résolution 1973 adoptée la semaine dernière autorisant la création d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye afin de protéger les populations civiles.

« Grâce à ce fort engagement de la Ligue des Etats arabes, la communauté internationale a été en mesure de prendre les mesures décisives. Ces mesures visent à protéger les populations civiles, qui ont été tuées par le Colonel Qadhafi dont le régime a été condamné par le monde entier », a souligné le chef de l'ONU.

« J'exhorte les autorités libyennes à pleinement respecter les résolutions 1970 et 1973 du Conseil de sécurité, en commençant par l'arrêt immédiat des hostilités contre les civils », a-t-il dit.

Dans le prolongement de l'adoption de sa résolution 1973, le Conseil de sécurité a eu lundi des consultations à huis clos sur la situation en Libye. Le Royaume-Uni, la France, les Etats-Unis, le Danemark, le Canada, l'Italie et le Qatar ont notifié à l'ONU avoir pris des mesures pour mettre en œuvre cette résolution.

De leur côté, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale des migrations (OIM) ont indiqué qu’à la date du 19 mars, au moins 320.423 personnes avaient fui les violences en Libye, et que près de 9.000 restaient bloquées aux frontières avec la Tunisie et l’Egypte.

Le Coordonnateur humanitaire de l’ONU, Rashid Khalikov, a achevé dimanche une visite de trois jours à Saloum, à la frontière entre l’Egypte et la Libye. Il a rencontré des gens qui ont fui les violences en Libye et discuté avec les partenaires humanitaires et les autorités des préparatifs dans le cas d’une nouvelle vague de personnes fuyant la Libye.

Au-delà de la Libye, Ban Ki-moon a évoqué le vent de changement qui secoue l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Il a réitéré son appel aux dirigeants de la région à écouter les aspirations de leurs peuples. Outre la Libye, Ban Ki-moon et Amre Moussa ont discuté de la situation en Egypte, au Yémen et à Bahreïn.

« Les dirigeants doivent écouter les aspirations légitimes de leur peuple. Un dialogue ouvert et inclusif est crucial tout autant que le respect des droits de l'homme. Le peuple a envie de construire un société prospère, ouverte à tous, démocratique fondée sur l'état de droit », a déclaré Ban Ki-moon.

S'agissant du Yémen, Ban Ki-moon a appelé le gouvernement yéménite à protéger la population civile et à mettre un terme à la violence. Selon lui, il n'existe aucune alternative au dialogue politique, social et économique afin de répondre à la crise politique et pour maintenir une unité nationale.

« Cela concerne également Bahreïn ou les violences ont récemment éclaté. L'ONU reste en contact avec les parties sur le terrain, y compris le gouvernement et les parties clés de l'opposition. J'appelle toutes les parties concernées à faire preuve d'un maximum de retenue », a souligné le chef de l'ONU.

« Toutes les parties impliquées devraient chercher les moyens de garantir l'unité et la stabilité et à créer un environnement propice pour des réformes crédibles, y compris les voisins de Bahreïn et la communauté internationale », a-t-il ajouté.

Ban Ki-moon a insisté sur le fait qu'il n'existe pas de retour en arrière possible dans ce mouvement de réforme démocratique qui est en train de s'enraciner.

« Ici en Egypte, ainsi qu'en Tunisie, ces transitions sont en cours. Dans ce moment historique, il est dans l'intérêt de la communauté internationale et des Nations Unies d'aider ici et ailleurs de telles aspirations », a-t-il conclu.

Lors de sa visite en Egypte qui a débuté dimanche, le Secrétaire général a eu des entretiens avec le Premier ministre Ezzam Sharif, le ministre des affaires étrangères Nabil el-Araby et avec le chef du Conseil suprême des forces armées, le maréchal Mohamed Hussein Tantawi.

Il les encouragés à poursuivre le processus de transition démocratique en Egypte après l’éviction du Président Hosni Moubarak par un soulèvement populaire. Il a salué l’engagement public du Conseil suprême des forces armées envers une transition démocratique. Il leur a demandé d’écouter les nombreuses voix de la société civile.

Après sa visite en Egypte, le Secrétaire général de l’ONU s’est envolé lundi pour la Tunisie.