Libye : Ban Ki-moon salue la résolution historique du Conseil de sécurité

18 mars 2011

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé vendredi que la résolution 1973 adoptée jeudi par le Conseil de sécurité de l'ONU était « historique, concrète et pratique ». Le texte autorise les Etats membres à prendre toutes les mesures nécessaires afin de protéger les populations civiles en Libye contre les attaques des forces loyales au dirigeant libyen Mouammar Qadhafi.

« La résolution 1973 affirme clairement et sans équivoque la détermination de la communauté internationale d'assumer sa responsabilité de protéger les civils de la violence perpétrée contre eux par leur propre gouvernement. La résolution autorise l'utilisation de toutes les mesures nécessaires y compris l'établissement d'une zone d'exclusion aérienne afin d'empêcher de plus grandes pertes et la mort d'innocents », a déclaré vendredi Ban Ki-moon à Madrid lors d'une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre espagnol, Jose Luis Zapatero.

Ban Ki-moon va se rendre samedi à Paris afin de rencontrer le Président français, Nicolas Sarkozy, et d'autres dirigeants européens, arabes et africains afin de discuter des moyens de la mise en œuvre de la résolution pour protéger les populations de Libye. Le Chef de l'ONU a également précisé qu'il rencontrerait dans les jours à venir son Envoyé spécial pour la Libye, Abdul Ilah Khatib, qui s'est rendu dans le pays plus tôt cette semaine.

« Je pense que la communauté internationale doit parler d'une seule voix. C'est une situation difficile. Des milliers de vies sont toujours en jeu », a prévenu le Secrétaire général. « J'assumerai mes responsabilités pour coordonner de près avec les Etats membres une réponse commune, efficace et rapide comme le prévoit le mandat conféré par la résolution du Conseil de sécurité », a-t-il souligné.

Après sa visite à Paris, le Secrétaire général de l'ONU se rendra en Egypte puis en Tunisie. « Les peuples de ces deux pays ont faire preuve d'un immense courage dans leurs efforts pour amener un nouvel ordre démocratique », a-t-il déclaré.

La Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a pour sa part estimé que la résolution du Conseil de sécurité sur la Libye était la manifestation de l'engagement de la communauté internationale à appliquer le principe de responsabilité de protection des civils.

« Nous sommes extrêmement inquiets au sujet des représailles contre les militants de l'opposition par les forces pro-gouvernementales et les agents de sécurité en Libye. Personnes n'a pu se rendre dans ces villages qui ont été tenus par l'opposition puis repris par les forces gouvernementales », a dit son porte-parole, Rupert Colville, à Genève. « Nous sommes particulièrement inquiets dans le cas où le gouvernement a décidé de recourir à des sanctions collectives. Nous n'avons aucune illusion sur ce dont ce régime est capable de faire ».

La Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a également exprimé son inquiétude jeudi soir par communiqué de presse.

« J'appelle toutes les parties à prendre les mesures pour épargner les civils des conséquences des hostilités. Cela comprend la retenue quant à l'utilisation d'armes explosives dans les zones peuplées », a-t-elle déclaré.

Selon le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), au 16 mars, 300.706 personnes au total avaient fui la Libye vers les pays voisins, dont 158.721 vers la Tunisie (dont 19.022 Tunisiens, 16.149 Libyens - en partie dans des déplacements transfrontaliers habituels - et 123.550 ressortissants d'autres pays), 128.814 vers l'Egypte (dont 72.302 Egyptiens et 56.512 ressortissants d'autres pays), 4.077 vers le Niger (dont 3.575 du Niger et 502 ressortissants d'autres pays) et l'Algérie (total de 9.094, incluant les personnes évacuées par voie aérienne, terrestre et maritime).

« Ces derniers jours, nous avons constaté une augmentation du nombre des Libyens fuyant vers l'Egypte, environ 1.490 personnes étant arrivées mercredi sur un total de 3.163. La majorité des personnes interrogées à la frontière égyptienne ont déclaré avoir fui de crainte d'être prises au piège dans les combats. De nombreuses personnes ont mentionné les menaces proférées récemment par le gouvernement concernant un bombardement de Benghazi », a indiqué une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

Dans sa résolution, le Conseil rappelle qu'il a pris note de la décision du Conseil de la Ligue des Etats arabes, en date du 12 mars 2011, de demander l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne. Il déclare mesurer l'importance du rôle de la Ligue des Etats Arabes dans « le maintien de la paix et de la sécurité régionales ».

Les membres du Conseil de sécurité précisent que cette zone d'exclusion aérienne ne concerne pas les vols à caractère humanitaire dont l'objectif est la distribution de vivres ou de matériel médical ainsi que les vols destinés à l'évacuation d'étrangers.

Le Conseil autorise les Etats membres, « qui ont adressé aux Secrétaires généraux de l'Organisation des Nations Unies et de la Ligue des Etats arabes une notification à cet effet, agissant à titre national ou dans le cadre d'organismes ou d'arrangements régionaux, à prendre au besoin toutes mesures nécessaires pour faire respecter l'interdiction de vol » et « faire en sorte que des aéronefs ne puissent être utilisés pour des attaques aériennes contre la population civile ».

 

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