Yémen : l'ONU condamne l'usage de balles réelles contre des manifestants

Yémen : l'ONU condamne l'usage de balles réelles contre des manifestants

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Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a fermement condamné vendredi l'utilisation de balles réelles par les forces de sécurité au Yémen contre des manifestants à Sana'a, la capitale du pays. Au moins 30 personnes auraient été tuées et de nombreux autres auraient été grièvement blessées.

Ban Ki-moon est « profondément troublé par la poursuite de la violence et de l'instabilité au Yémen », a dit son porte-parole dans un communiqué publié vendredi. Il réitère son appel « à la retenue » et rappelle « au gouvernement du Yémen son obligation de protéger les civils ».

Le Secrétaire général appelle également « à cesser tout acte de provocation qui pourrait mener à la violence ». Pour le Chef de l'ONU, « il n'existe aucune autre alternative que l'ouverture d'un dialogue politique sur des réformes politiques, sociales et économiques afin de répondre à la crise politique au Yémen et pour maintenir son unité nationale ».

Selon la presse, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a décrété vendredi l'état d'urgence dans le pays et exprimé sa tristesse après la mort des dizaines de personnes, victimes des tirs de partisans du régime sur une manifestation contre le pouvoir à Sana'a.

Trois experts indépendants des Nations Unies sur les droits de l’homme ont également condamné vendredi la violente répression contre les manifestants au Yémen et appelé le gouvernement à cesser l’usage excessif de la force.

« J’appelle tous les responsables de sécurité à arrêter les violences contre des manifestants pacifiques », a dit un de ces experts, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, Christof Heyns.

De son côté, le Rapporteur spécial sur la torture, Juan Mendez, s’est dit très préoccupé après avoir vu les images montrant le personnel de sécurité utiliser la force contre les manifestants.

« Le rôle du gouvernement est de servir le peuple », a rappelé pour sa part le Rapporteur de l’ONU sur la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue. « Cela veut dire autoriser le peuple à exprimer ses griefs de manière pacifique. »