Soudan : la situation à Abyei pourrait faire échouer le processus de paix - expert

Soudan : la situation à Abyei pourrait faire échouer le processus de paix - expert

Mohamed Chande Othman.
L'Expert indépendant des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme au Soudan, Justice Othman, a exprimé vendredi son inquiétude sur la détérioration continue de la situation à Abyei, une zone qui doit décider par référendum son rattachement au Nord ou au Sud-Soudan.

« Abyei reste un point d'achoppement qui pourrait potentiellement faire dérailler tout le processus de paix », a estimé l'expert indépendant désigné par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU pour examiner la situation des droits humains au Soudan.

La tension dans la région s'est intensifiée à cause du report du référendum pour Abyei et des restrictions de mouvements des Sud-Soudanais qui sont revenus voter au Sud-Soudan lors du référendum d'auto-détermination de janvier dernier.

« J'exhorte les parties de l'Accord de paix global à prendre les mesures immédiates pour calmer les tensions dans la région et à arriver immédiatement à un accord sur les problèmes non résolus », a-t-il ajouté.

Suite à sa première visite dans le pays, peu après le déroulement du référendum d'autodétermination du Sud-Soudan, Justice Othman, avait déjà identifié les mesures à mettre en œuvre. Parmi les plus importantes figuraient, le référendum d'Abyei, la démarcation des frontières et les questions liées à la citoyenneté et aux partages des ressources.

« Sur la démocratie, les défis restent la création d'un environnement de paix, de sécurité et le respect des droits de l'homme et de l'état de droit », a souligné l'expert indépendant. « Les quatre mois restants de la période intérimaire de l'Accord de paix global seront extrêmement critiques », a-t-il prévenu.

Concernant la situation au Nord-Soudan, l'expert indépendant a exprimé son inquiétude sur les mesures de répression contre les dissidents politiques à la suite d'une augmentation des arrestations et la détention prolongée de nombreux dirigeants de l'opposition, d'étudiants et de représentants de la société civile par les autorités.

« Le gouvernement continue de poursuivre ces individus les accusant d'infractions », a précisé l'expert, ajoutant que la liberté d'expression, la liberté d'association et d'assemblée continuent d'être violées par les autorités.

Justice Othman a aussi appelé « à ne pas oublier le Darfour où des civils continuent de supporter le poids des affrontements entre groupes armés et les forces gouvernementales ». « J'appelle la communauté internationale à aider les parties à trouver une solution au conflit au travers d'un processus de paix qui répondent aux racines du conflit notamment la marginalisation économique de la région », a-t-il conclu.

L'expert indépendant présentera son rapport devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU en septembre 2011.