Afghanistan : le nombre de victimes civiles a fortement augmenté en 2010

9 mars 2011
Jeunes bergers dans le nord de l'Afghanistan

Le nombre de victimes civiles en Afghanistan a augmenté de 15% en 2010 par rapport à 2009, une hausse due principalement à une recrudescence des assassinats et de l'utilisation d'engins explosifs improvisés par des éléments anti-gouvernementaux, selon un rapport de la Mission d'assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) publié mercredi.

La MANUA a jugé ces chiffres inquiétants et a appelé les parties au conflit afghan à améliorer la protection des populations civiles en Afghanistan.

« Après une année marquée par d'intenses conflits armés avec la brusque montée d'activités par les forces pro-gouvernementales et l'augmentation des assassinats et de l'utilisation d'engins explosifs improvisés par les éléments anti-gouvernementaux, les civils afghans ont payé le prix de trop nombreuses vies en 2010 », a déclaré le Sous-secrétaire général des Nations Unies pour les droits de l'homme, Ivan Simonovic.

Au total, 2.777 civils sont morts en 2010 ce qui constitue une augmentation de 15% par rapport à 2009. Ces quatre dernières années 8.832 civils ont perdu la vie à cause du conflit.

Les éléments anti-gouvernementaux ont été impliqués dans la mort de 2.080 civils soient 75% du total des décès de civils. Cela représente une augmentation de 28% par rapport à l'année 2009. Les forces pro-gouvernementales sont liées à la mort de 440 civils, soit une baisse de 26% comparé à l'année précédente. La MANUA estime que 9% des décès ne peuvent être attribués à l'un ou l'autre camp.

Les attaques-suicides à l'aide d'engins explosifs improvisés ont tué 1.141 civils. La tendance la plus alarmante estime la MANUA est l'augmentation d'assassinats de la part des éléments anti-gouvernementaux qui ont causé la mort de 462 civils ce qui représente une augmentation de 105% des décès comparé à l'année précédente. La moitié des assassinats ont eu lieu dans le sud de l'Afghanistan notamment dans les provinces de Helmand et de Kandahar.

« Les assassinats ont affecté la société et constitue une violation des droits de l'homme qui va au delà du décompte des corps », a dit mercredi le Commissaire indépendant de la Commission des droits de l'homme en Afghanistan dans un communiqué.

« Les assassinats dissuadent les civils d'exercer leurs droits fondamentaux à la vie et à la sécurité et viole la liberté d'expression, la participation politique à travailler et bénéficier d'une éducation. La suppression de ces droits a des conséquences politiques, économiques, sociales et ralentit la gouvernance et le développement », a-t-il ajouté.

Les frappes aériennes continuent d'être la principale cause des décès de populations civiles imputées aux forces pro-gouvernementales. En 2010, 171 civils en sont morts. Cependant, souligne le rapport, grâce aux techniques de sensibilisation déployées par les forces pro-gouvernementales, le nombre total de décès dus aux frappes aériennes a baissé de 52% comparé à 2009.

« 2011 devrait être une année où la protection des civils sera intensifiée et pas une année d'augmentation des pertes de civils », a prévenu la Directrice des droits de l'homme de la MANUA, Georgette Gagnon.

« Nous exhortons toutes les parties à faire plus en 2011 pour que la responsabilité légale de protéger les civils soient respectée », a-t-il ajouté.

La MANUA a énuméré une liste de 25 recommandations aux différentes parties aux conflits. La Mission appelle les éléments anti-gouvernementaux à arrêter immédiatement de prendre les civils pour cibles. Au gouvernement afghan, l'ONU recommande la création d'une entité dont le l'enquête sur les incidents impliquant le mort de civils serait la priorité. Enfin, la MANUA exhorte les forces militaires internationales à documenter les incidents et à enquêter sur les violations des droits de l'homme.

 

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