RDC : l'ONU pointe le désarroi des victimes de violences sexuelles
Au cours des 12 dernières années de conflit, environ 200.000 femmes ont été violées en RDC, dont au moins 120 depuis le début 2011. C'est pour mettre fin à ce fléau que le panel de haut niveau du HCDH s'est rendu pendant 17 jours en RDC, afin de consulter directement les victimes de violences sexuelles et de les entendre exposer leurs problèmes quant aux moyens de recours dont elles disposent et leurs besoins pour reconstruire leurs vies. Le Panel a également rencontré des femmes qui suite aux viols ont été affectées par le VIH/Sida et/ou sont tombées enceintes.
Le document est une compilation d'analyses et de témoignages de 61 victimes de violences, allant d'une jeune fille de 3 ans violée à une grand-mère de 61 ans aussi violée. Nommés par la Haut commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, les experts ont mené leur enquête dans trois différentes provinces ainsi que dans la capitale Kinshasa.
« La paix et la sécurité sont vues comme des pré-conditions au retour à une vie normale », expliquent les experts dans un communiqué ajoutant que nombre de victimes ont exprimé une inquiétude sur le fait que qu'elles que soient les réparations dont elles pourraient bénéficier, « tout cela pourrait être détruit de nouveau sans l'instauration de la paix ».
« La santé et l'éducation ont ensuite été les principales priorités exprimées par les victimes », a indiqué le panel. « Elles sont déterminées à envoyer leurs enfants à l'école, même si dans de nombreux cas, elle ne peuvent pas. Celles qui ont contracté le VIH/Sida sont profondément inquiètes sur l'avenir de leurs enfants si elles venaient à mourir. Beaucoup de victimes ont fui leur village. Elles demandent aujourd'hui une réintégration socio-économique », expliquent les experts du HCDH.
Le panel souligne aussi la grande différence de situation entre les victimes vivant en milieu urbain et celles vivant en milieu rural. « Dans les zones isolées, les victimes sont face à un manque crucial d'infrastructure et l'assistance est quasi-inexistante. La plupart des femmes en dehors des villes sont dans l'incapacité de bénéficier de soins médicaux dans les 72 heures après le viol », précise le panel.
Les victimes ont aussi exprimé leur frustration sur l'impunité des responsables et le manque de justice. Les experts appellent également à « une action immédiate pour que les dommages soient payés ».
« Changer la stigmatisation de camp, des victimes aux auteurs des violences, auraient un grand impact sur la capacité des victimes à retrouver leur dignité et à reconstruire leur vie », affirment les experts. « Casser le silence et mobiliser le soutien public pour ces victimes pourrait être la plus importante des réparations », conclut le panel.