Une nouvelle initiative de l'ONU vise le crime organisé dans les zones de conflit

Une nouvelle initiative de l'ONU vise le crime organisé dans les zones de conflit

Saisie de cocaïne.
L'Office des Nations Unies pour la drogue et le crime (ONUDC) et le Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) du Secrétariat général de l'ONU ont signé mercredi un accord de partenariat destiné à renforcer la lutte contre le crime organisé dans les zones de conflit.

Paraphé au siège de l'ONU, à New York, cet accord établit un plan d'action commun répertoriant les domaines spécifiques de coopération entre les deux organes onusiens, pour lutter plus activement et efficacement contre les menaces à la stabilité et la sécurité des Etats, en premier lieu la criminalité transnationale organisée, l'impunité généralisée et l'absence de systèmes judiciaires efficaces.

« Le DOMP gère une série de tâches complexes pour aider les pays déchirés par des conflits à créer les conditions d'une paix durable : de la construction d'institutions gouvernementales durables, à la réforme du secteur de la sécurité, en passant par la surveillance du respect des droits de l'homme. Pour renforcer ces tâches, le département a besoin de partenaires offrant des avantages comparatifs dans des domaines particuliers, afin de favoriser le renforcement des capacités nationales des Etats, en leur fournissant des connaissances et de l'expertise », avait déclaré le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, lorsque le partenariat avait été présenté en décembre.

« L'ONUDC travaille en étroite collaboration avec les gouvernements, les organisations internationales et la société civile pour renforcer la coopération et contrer l'influence du crime organisé et du trafic de drogue, et c'est la raison pour laquelle il maximise les efforts de l'ONU pour contrer ces menaces dans les zones de conflit avec ce partenariat », avait estimé de son côté, le Directeur exécutif de l'ONUDC, Iouri Fedotov.

A titre d'exemple, l'Afrique de l'Ouest est de plus en plus utilisée par les trafiquants de drogue d'Amérique latine comme zone de transit pour le trafic de cocaïne vers l'Europe. Selon l'ONU, au moins 50 tonnes de cocaïne passent ainsi chaque année par les Etats d'Afrique de l'Ouest avant de rejoindre les grandes villes européennes où elles rapportent près de 2 milliards de dollars à la vente.

C'est cette réalité qui est déjà à l'origine d'un partenariat établi en juillet dernier entre l'ONUDC et le DOMP en Afrique de l'Ouest, incluant aussi la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), le Département des affaires politiques de l'ONU (DPA), l'Office des Nations Unies pour l'Afrique occidentale (UNOWA) et l'Organisation internationale de police criminelle (INTERPOL).

Baptisée « Initiative Côte ouest » (West Coast Initiative), ce partenariat vise à lutter contre le trafic de drogue et la criminalité transnationale, en renforçant les capacités des Etats et celles des organisations régionales, dans les domaines de l'application des lois, de la police scientifique, du renseignement, du contrôle des frontières, de la lutte contre le blanchiment d'argent et du renforcement des systèmes judiciaires.

Avec ce nouveau partenariat signé mercredi, l'ONUDC et le DOMP collaboreront dans des domaines d'activités spécifiques, notamment en développant du matériel de formation et en partageant leurs approches sur des problématiques telles que la réforme de la justice pénale et des systèmes et institutions pénitencières dans les situations post-conflit, la réforme des secteurs de la sécurité, le renforcement des mécanismes étatiques de gestion des réseaux criminels et de lutte contre le trafic de drogues et d'êtres humains ou le pillage des ressources naturelles.

Les deux organisations collaboreront également pour offrir des formations, y compris en ligne, en utilisant les outils élaborés par l'ONUDC sur des thèmes tels que le renforcement de la formation au droit pénal pour les forces de l'ordre, notamment les policiers, les enquêteurs, les procureurs et les juges, ainsi que les spécialistes du renseignement ou les agents chargés de la surveillance des frontières.

Enfin, comme gardienne des conventions de l'ONU contre la corruption et contre la criminalité transnationale organisée, l'ONUDC fournira aussi des conseils techniques sur la mise en œuvre de ces traités internationaux aux troupes de maintien de la paix. Si nécessaire, l'accord de partenariat entre l'ONUDC et le DOMP prévoit aussi des séances d'information conjointe au Conseil de sécurité sur les zones régionales où criminalité et conflits émergents.