Côte d'Ivoire : le HCR inquiet pour les civils pris dans les affrontements

1 mars 2011

Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a réitéré mardi son inquiétude sur la situation en Côte d'Ivoire notamment pour les populations civiles coincées dans les affrontements violents qui sont survenus à Abobo, un quartier d'Abidjan.

« Nous réitérons notre appel. Les belligérants ne doivent pas cibler les civils. Tous les efforts doivent être déployés pour empêcher que du tort soit fait aux civils », a déclaré une porte-parole du HCR, Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

Environ 30.000 Ivoiriens ont fui leur pays vers le Libéria depuis que de nouveaux affrontements ont éclaté il y a une semaine dans la périphérie d'Abidjan à Abobo et dans d'autres parties du pays. Ces populations viennent s'ajouter aux 40.000 réfugiés qui vivent dans des camps au Liberia depuis plusieurs mois.

« Environ 1,5 million de personnes vivent à Abobo et beaucoup de personnes ont quitté la zone. Selon nos informations, des groupes armés empêchent les populations d'en sortir », a souligné la porte-parole du HCR.

« Notre inquiétude se porte sur les personnes qui sont dans l'incapacité de bouger comme les personnes âgées, les malades et les femmes enceintes », a dit Melissa Fleming en ajoutant « qu'hier de nombreuses personnes ont profité d'une brève accalmie au cours des combats pour quitter Abobo ».

Les autorités religieuses ont affirmé que 60 familles composées pour la plupart de femmes et d'enfants étaient bloquées dans une église par des hommes armés. Ces familles n'ont pas de nourriture, pas d'eau potable et des cadavres seraient laissés sur le sol de l'église, a indiqué l'agence onusienne.

Les équipes du HCR ont été déployées dans les rues d'Abobo pour venir en aide aux populations vulnérables. Selon le HCR, des familles sont bloquées chez elles et autorisées à quitter la zone d'affrontements qu'après avoir payé ou donné des biens personnels à des groupes armés. Des cadavres gisent dans les rues, des bus ont été brûlés, des magasins pillés et de jeunes miliciens attaquent les populations dans leur maisons.

A l'ouest du pays plus de 9.000 déplacés de la Mission catholique du village de Duékoué ont quitté les lieux par peur d'un nouveau conflit meurtrier.

« Nous renforçons nos capacités au Libéria », a indiqué Melissa Fleming qui a évoqué la possibilité de mettre en place un second camp de réfugiés.

La majorité des réfugiés sont toujours accueilli dans plus de 76 villages situés à la frontière du Libéria et de la Côte-d'Ivoire.

 

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