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Yémen : Pillay appelle les autorités à cesser de réprimer les manifestations

Yémen : Pillay appelle les autorités à cesser de réprimer les manifestations

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La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a appelé les autorités yéménites à faire preuve de retenue et à protéger la liberté d'expression et de réunion pacifique de l'opposition qui a appelé ce mardi à une « Journée de la colère ».

« Les gens ont le droit légitime d'exprimer leurs griefs et leurs revendications à leur gouvernement », rappelle-t-elle dans un communiqué, avant de dénoncer la violence contre les manifestants lors de précédents rassemblements, qui se sont soldés par des morts et des blessés dans les rangs de l'opposition.

« Ces dernières semaines, nous avons vu maintes et maintes fois que des réponses violentes, contraires au droit international, ne font pas partir les manifestants mais ne font qu'exacerber la frustration et la colère », ajoute-t-elle.

Navi Pillay cite également des rapports faisant état d'attaques, d'intimidations et de harcèlements contre des journalistes locaux et internationaux couvrant les manifestations, ainsi que l'arrestation et la détention de journalistes et de défenseurs des droits de l'homme. La Haut commissaire se dit aussi « particulièrement préoccupée par des cas de disparitions forcées de militants politiques » et demande « des clarifications immédiates sur le sort des personnes récemment transférées d'Aden, à la capitale Sanaa ».

« Les autorités doivent libérer tous les individus arrêtés pour avoir manifesté pacifiquement. Tous les défenseurs des droits de l'homme et les journalistes doivent être protégés dans l'exercice de leur travail important », insiste-t-elle encore dans son communiqué.

« Ceux qui sont responsables de la sécurité publique doivent comprendre que leurs actions sont encadrées par le droit international et qu'elles peuvent être tenues personnellement responsables des violations », poursuit la responsable de l'ONU. « En règle générale, les unités de l'armée sans formation ou sans équipement pour faire face à des manifestations de rue ne doivent pas être déployées dans les villes. Et s'il n'y a pas d'alternative, elles doivent être déployées sous le contrôle étroit d'officiers qualifiés ».

Navi Pillay demande par ailleurs à l'opposition de ne pas recourir à la violence, tout en s'inquiétant d'informations indiquant « que le personnel médical se serait vu refuser l'accès à des manifestants blessés lors de rassemblements antérieurs ».

Pour conclure, la chef des droits de l'homme à l'ONU appelle « à un dialogue constructif, large et inclusif » au Yémen, « pour tracer une voie qui respecte les aspirations et les droits de l'homme du peuple ».