PNUE : 75% des récifs coralliens du monde menacés par l'activité humaine

24 février 2011

Une nouvelle étude globale réalisée par le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et l'Institut mondial des ressources (World Resources Institute, WRI), en collaboration avec un réseau de plus de 25 organisations spécialisées, révèle que 75% des récifs coralliens de la planète sont actuellement menacés par l'activité humaine.

Intitulée « Révision des risques sur les récifs coralliens » (Reefs at Risk Revisited), cette étude présente une analyse complète des menaces qui pèsent aujourd'hui sur les récifs coralliens, en intégrant pour la première fois les effets du changement climatique, notamment le réchauffement des mers et l'augmentation de l'acidité des océans.

Les conclusions de cette étude, qui a examiné en particulier la situation en Australie, dans les Caraïbes, en Indonésie, en Malaisie, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, sont sans appel : les activités humaines locales comme la surpêche, le développement côtier, le tourisme et la pollution, présentent les risques les plus immédiats et menacent plus de 60% des récifs coralliens du monde.

« Ce rapport sert de sonnette d'alarme pour les décideurs politiques, les chefs d'entreprise, les spécialistes de l'environnement ou de la gestion des mers, et souligne la nécessité urgente d'une meilleure protection des récifs coralliens », a déclaré Jane Lubchenco, Directrice de l'Agence nationale américaine des océans et de l'atmosphère (NOAA), qui a participé à la réalisation de cette étude.

« Comme le rapport le montre clairement, globales ou locales, les conséquences des activités humaines ont déjà des répercussions importantes sur les récifs coralliens, et remettent l'avenir de ces précieux écosystèmes en question ».

Aux pressions locales - en particulier la surpêche et les pêches destructrices – qui sont à l'origine de la dégradation de nombreux récifs, s'ajoutent désormais les pressions mondiales -la hausse des températures des mers, de l'acidification des océans et de la pollution au dioxyde de carbone- qui entrainent le blanchissement des coraux.

Selon les conclusions de la nouvelle étude, si rien n'est fait, plus de 90% des récifs coralliens de la planète seront directement menacés de disparition d'ici à 2030, alors qu'ils offrent de multiples avantages aux quelques 275 millions de personnes qui vivent dans leurs proches environs: protection des côtes contre les tempêtes et l'érosion, nourriture, nouveaux moyens de subsistance, développement du tourisme?

Pour la première fois, l'étude identifie aussi 27 pays vulnérables, socialement et économiquement, à la dégradation de ces écosystèmes. Parmi ceux-ci, neuf le sont particulièrement : Haïti, la Grenade, les Philippines, les Comores, le Vanuatu, la Tanzanie, les îles Kiribati et Fidji et l'Indonésie.

« Les récifs coralliens sont des ressources essentielles pour des millions de personnes dans le monde. Malgré la situation délicate de nombreux récifs, il y a toutefois des raisons d'espérer », a déclaré de son côté Burke Lauretta, chercheur à l'Institut mondial des ressources (WRI) et l'un des principaux auteurs de l'étude. « Les récifs s'adaptent et en réduisant les pressions locales, nous pouvons gagner du temps pour trouver les réponses adaptées aux menaces mondiales, et assurer ainsi la préservation des récifs pour les futures générations », a-t-il ajouté.

Dans ses conclusions, l'étude propose une série de recommandations destinées à mieux protéger et gérer ces écosystèmes sous-marins essentiels, notamment avec la mise en place de zones marines protégées. Plus d'un quart des récifs coralliens de la planète sont en effet déjà dans différents parcs ou réserves, mais seulement 6% d'entre eux sont des zones protégées efficacement gérées.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

L'ONU donne le feu vert à la création d'un groupe d'experts sur la biodiversité

Dans une résolution adoptée lundi, la 65e session de l'Assemblée générale des Nations Unies a donné son feu vert à la création de la Plate-forme scientifique et politique intergouvernementale sur la biodiversité et les services de l'écosystème (IPBES), une nouvelle instance conçue sur le modèle du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC).