PNUE : le Kenya adopte un carburant diesel vert à teneur en soufre réduite

PNUE : le Kenya adopte un carburant diesel vert à teneur en soufre réduite

Le Directeur exécutif du PNUE Achim Steiner et une haute responsable américaine Michelle DePass font le plein de carburant lors du lancement du projet.
Le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et ses partenaires ont participé vendredi au Kenya au lancement d'un diesel moins polluant avec une teneur en soufre réduite. Plusieurs pays, notamment d'Afrique de l'Est, doivent suivre l'initiative dont l'objectif est d'améliorer la qualité de l'air et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

« Ce type de partenariat dont l'objectif est de réduire les niveaux de soufre dans les carburants de transports en Afrique et ailleurs constitue l'un des succès du Sommet mondial sur le développement durable de 2002. Le potentiel de ce projet en terme de réduction de la pollution de l'air et de l'environnement est énorme », a déclaré le Directeur exécutif du PNUE Achim Steiner dans un communiqué de presse.

« Le rapport sur l'économie verte du PNUE, qui sera présenté la semaine prochaine au conseil d'administration, estime que la réduction de la teneur en soufre des carburants de transport en Afrique sub-saharienne pourrait sauver jusqu'à près de 1 milliard de dollars par an en matière de dépenses de santé. Preuve s'il en est, que l'investissement dans l'environnement est rarement un fardeau, mais une façon de intelligente et rentable d'assurer la croissance économique moderne et durable » a-t-il ajouté.

Ce projet est le résultat des travaux du Partenariat sur les carburants et les véhicules propres (PCFV) coordonnée par le PNUE et soutenu par les gouvernements des États-Unis, des Pays-Bas, du Canada et d'autres partenaires. Le PCFV se concentre sur trois campagnes mondiales : la réduction du soufre dans les carburants, l'élimination de l'essence au plomb et l'adoption de normes pour les véhicules propres.

Les niveaux de soufre dans le carburant diesel et l'essence varient considérablement à travers le monde. Alors que de nombreux pays développés ont déjà établi des normes pour arriver à une teneur en soufre dans le carburant diesel de 10 parties par million (ppm), les niveaux de soufre dans certains pays en développement s'élèvent jusqu'à 10.000 pm, indique le PNUE.

Grâce à cette initiative, le Kenya a établi un nouveau standard de 500 ppm qui est le niveau le plus bas de toute l'Afrique de l'Est. La Tanzanie devrait bientôt emboîter le pas et commencer à introduire le diesel à teneur de 500ppm. Cette nouvelle norme au Kenya aura également un impact significatif dans les pays vers lesquels elle exporte ce diesel, comme l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda et la République démocratique du Congo (RDC).

Les carburants à faible teneur en soufre permettent de réduire les niveaux de polluants atmosphériques émis par les véhicules - tels que les oxydes de soufre, la suie et les particules de fumée – qui peuvent déclencher des maladies respiratoires et cardiovasculaires et posent un risque accru de cancer du poumon. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 800.000 personnes meurent prématurément chaque année en raison de la pollution atmosphérique urbaine et la majorité de ces décès surviennent dans les pays en développement.

Une récente étude de la Banque mondiale montre que, lorsqu'il est combiné avec des véhicules plus propres, l'adoption de carburants à faible teneur en soufre se traduirait par des économies annuelles en frais de santé d'environ 6 milliards de dollars en Afrique sub-saharienne. Entre 2010 et 2020, ces économies pourraient atteindre 43 milliards de dollars, estime la Banque mondiale.