Libéria : le HCR transfère des réfugiés ivoiriens vers le nouveau camp de Bahn

Libéria : le HCR transfère des réfugiés ivoiriens vers le nouveau camp de Bahn

Un groupe de réfugiés de Côte d'Ivoire attendant d'être enregistrés dans l'est du Libéria.
Des équipes du Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) ont commencé vendredi au Libéria le transfert de réfugiés ivoiriens depuis la région frontalière vers le nouveau camp de Bahn, qui est situé à environ 50 kilomètres plus loin vers l'ouest.

« Quelque 100 personnes sont actuellement transférées dans des camions depuis les villages d'Old Luguato, de Kissiplay et de Duoplay dans le comté de Nimba. Le personnel du HCR et d'autres travailleurs humanitaires ont aidé les réfugiés à monter à bord des camions et à charger le peu d'effets personnels qu'ils possèdent », a précisé un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève.

« Les routes sont impraticables dans cette région du Libéria. De ce fait, il est difficile d'aider les réfugiés et les communautés hôtes qui les accueillent dans 76 villages. La mission des Nations Unies au Libéria a aidé au nivellement des pistes, mais le voyage d'aujourd'hui pourrait durer au moins six heures », a-t-il ajouté. « Le camp de Bahn est plus facile d'accès depuis notre bureau de Saclepea. Dans ce camp, les réfugiés bénéficieront de services essentiels, dont des soins de santé, l'eau potable et une école primaire en langue française basée sur le programme ivoirien. »

Dans les prochaines semaines, le HCR prévoit de transférer 15.000 réfugiés vers le camp de Bahn, bien que le nombre final dépende des personnes souhaitant ou non le transfert. Dans ce camp, le Conseil norvégien pour les réfugiés, l'un des partenaires du HCR, construit des abris pour les familles à leur arrivée. Au fil des prochains convois de transfert, les réfugiés seront d'abord installés dans le centre de transit du camp où ils recevront du matériel pour construire leurs propres maisons.

Au total, le HCR a déjà enregistré 38.257 réfugiés dans le comté de Nimba au Libéria. Ils ont tous fui la Côte d'Ivoire dans un contexte d'instabilité suite aux élections présidentielles de novembre dernier. « Nous continuons à voir des Ivoiriens traverser la frontière, au rythme de 100 personnes par jour en moyenne », a dit le porte-parole.

« La plupart des réfugiés avec lesquels nous nous sommes entretenus nous ont fait part de leur souhait d'être transférés vers le camp. Cependant, d'autres préfèrent rester au sein des communautés locales et nous avons identifié 15 villages où nous commencerons à les transférer la semaine prochaine. Parmi ces derniers, beaucoup sont des femmes réfugiées nous disant que leurs maris sont restés en Côte d'Ivoire et qu'ils pourraient les rejoindre plus tard », a-t-il ajouté.

De son côté, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a exprimé vendredi son inquiétude sur la détérioration du système de santé qui s'est considérablement accentuée depuis le début de la crise politique. Au total, 79 cas de fièvre jaune ont été identifiés dont 26 ont entraîné des décès, a souligné vendredi une porte-parole de l'OMS, Fadela Chaib, lors d'une conférence de presse à Genève.

L'OMS et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) ont mené une campagne de vaccination contre la fièvre jaune entre le 21 et le 28 janvier dernier. Plus de 700.000 enfants ont été immunisés contre la maladie. Les deux agences ont également lancé depuis le 15 février dernier une campagne de vaccination contre la rougeole pour immuniser plus de 500.000 enfants contre la maladie.

Une porte-parole de l'UNICEF, Marixie Mercado a indiqué pour sa part que la campagne ne s'était pas déroulée correctement. « A cause de l'impasse politique en Côte d'Ivoire, la moitié des agents de santé n'étaient pas à leurs postes pour débuter la campagne de vaccination. Les agents de santé qui sont allés voter en dehors d'Abidjan il y a deux mois et de demi ne sont pas encore revenus pour des raison de sécurité », a-t-elle précisé.