Ban Ki-moon rend hommage au diplomate Richard Holbrooke

Ban Ki-moon rend hommage au diplomate Richard Holbrooke

Le Secrétaire général Ban Ki-moon (à droite) en 2007 avec Richard Holbrooke, décédé lundi 13 décembre 2010.
Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rendu hommage jeudi au diplomate américain Richard Holbrooke, décédé en décembre dernier, le qualifiant « d'ami indéfectible de l'Organisation des Nations Unies » et de « brillant exemple de ce que l'Organisation peut aspirer à être ».

« S'il était parmi nous aujourd'hui, il aurait scruté l'horizon: les défis politiques en Côte d'Ivoire et au Soudan, les situations d'urgence humanitaire en Haïti et en Somalie, l'évolution dramatique au Moyen-Orient », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie commémorative à l'Assemblée générale de l'ONU. « Et il aurait saisi cette occasion pour faire de l'ONU tout ce qu'elle peut être, tout ce qu'elle doit être. Et c'est ce que nous devons faire, nous ».

Richard Holbrooke fût l'un des principaux artisans de l'accord de Dayton, en 1995, qui a mis un terme à la guerre en ex-Yougoslavie et de 1999 à 2001, il fut l'Ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU. Après l'accession de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis fin 2008, il était devenu son envoyé spécial pour l'Afghanistan et le Pakistan.

« Ceux qui le connaissent le mieux vous le diront: il considérait ses années aux Nations Unies comme les meilleures de sa longue et brillante carrière », a poursuivi Ban Ki-moon. « Il croyait profondément à cette extraordinaire organisation, dont il avait compris le potentiel. Mais comme un réaliste, il en connaissait aussi les limites - « imparfaite mais indispensable », disait-il de l'ONU. Et il exigé autant d'elle que ce qu'il lui donnait lui-même ».

Dans son allocution, Ban Ki-moon a également rappelé que c'est Richard Holbrooke qui avait poussé le Conseil de sécurité de l'ONU à reconnaître le VIH/SIDA comme une question de sécurité mondiale. C'est lui qui était aussi derrière une série de missions du Conseil de sécurité sur le terrain, en particulier en Afrique, pour braquer les projecteurs sur l'Éthiopie, l'Érythrée, le Rwanda, l'Ouganda, la Zambie, le Zimbabwe et au-delà. C'est lui encore qui s'était battu avec acharnement pour une action plus efficace de la communauté internationale en République démocratique du Congo, afin de sauver d'innombrables vies.

« Il n'a jamais hésité à se tourner vers l'ONU pour qu'elle soit à la hauteur de ses promesses en Sierra Leone, au Timor-Leste et au Kosovo, et il a toujours insisté pour qu'Israël de soit pas traité comme un cas à part », a encore souligné le chef de l'ONU.

« Pourtant, peut-être que son plus grand coup a été les négociations de l'accord historique sur les contributions financières des États-Unis à l'Organisation des Nations Unies. Comment? Il a attiré le critiques le plus coriace de l'ONU, le sénateur Jesse Helms, à une session spéciale du Conseil de sécurité - et là, il l'a flatté. Mais il a fait beaucoup plus que cela. Un par un, il a convaincu plus de 100 membres du Congrès américain et un bon nombre de ministres des affaires étrangères dans le monde », a conclu Ban Ki-moon.