Navi Pillay appelle la Russie à redoubler d'efforts pour renforcer l'état de droit

17 février 2011
Navi Pillay.

La Haute commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté jeudi les autorités russes à agir sans délai pour réformer les institutions clés comme la police, la justice, et le système pénitentiaire et militaire, afin d'assurer la primauté de l'état de droit et de lutter contre la corruption et toutes les formes de discrimination.

La Haute commissaire aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exhorté jeudi les autorités russes à agir sans délai pour réformer les institutions clés comme la police, la justice, et le système pénitentiaire et militaire, afin d'assurer la primauté de l'état de droit et de lutter contre la corruption et toutes les formes de discrimination.

« Je tiens à souligner que la question les réformes institutionnelles est une grande urgence et j'appelle le Président et tous ceux qui sont en mesure d'accélérer le rythme du changement à le faire », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Moscou, à l'issue d'une visite de quatre jours dans le pays, au cours de laquelle elle s'est entretenue avec le Président Medvedev, des membres du gouvernement, des responsables du système judiciaire et pénale et des représentants de la société civile.

« L'état de droit, qui inclut la responsabilité et la protection des droits de tous les citoyens, russes ou pas, sur le territoire de la Russie, est une condition essentielle pour la démocratie, la vraie paix et le développement », a poursuivi Navi Pillay, qui a décrit ses entretiens avec les autorités russes de « très francs ».

« J'ai apprécié que lors de mes discussions avec le Président et la plupart des ministères et fonctionnaires de l'Etat, il n'y ait eu aucune tentative de minimiser les défis auxquels fait face le gouvernement dans ses efforts pour rénover un système dans lequel les droits de l'homme sont encore loin d'être toujours respectés », a-t-elle poursuivi, soulignant qu'il y avait « une certaine reconnaissance dans les plus hautes sphères de l'Etat du grave déficit de confiance dans les institutions clés censées assurer le respect de la primauté du droit, mais qui au contraire les ignorent trop souvent ».

« Sans aucun doute, il y a eu des progrès, mais aussi de sérieux pas en arrière - notamment les meurtres, les intimidations et le harcèlement subi par des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes d'investigation et des médias indépendants, et qui s'apparente à de graves entorse à la justice », a encore ajouté Navi Pillay.

Selon elle, le potentiel de réforme des institutions russe sera confronté à un « test décisif » avec l'entrée en vigueur le 1er mars de la nouvelle législation sur la police qui doit entrainer « de véritables changements dans le comportement » de cette institution très critiquée par la population russe.

Navi Pillay a d'ailleurs mis en avant « l'importance essentielle » de la lutte contre l'impunité, soulignant que les abus de pouvoir devaient diminuer et la confiance du public être rétablie.

« Je demande instamment au gouvernement de prendre toutes les mesures nécessaires pour s'assurer que les institutions agissent pour protéger le peuple, plutôt que pour protéger leurs autorités, et à veiller à ce que la société civile et les médias disposent de l'espace et des encouragements nécessaires pour mener à bien leur rôle important ».

La chef des droits de l'homme de l'ONU a poursuivi en estimant que dans le Caucase du Nord, « le manque de responsabilité et de respect de l'état de droit ont été particulièrement aigu ». Elle a notamment cité des rapports faisant état de cas de détentions arbitraires, d'exécutions extrajudiciaires et de disparitions forcées.

Tout en condamnant les actes terroristes, notamment l'attentat contre l'aéroport international Domodedovo de Moscou le mois dernier, qui a tué 36 personnes, Navi Pillay a souligné qu'il était « essentiel de veiller à ce que les mesures antiterroristes soient prises en conformité avec les principes des droits de l'homme ».

« Je crains que les méthodes souvent brutales et illégales utilisées dans le passé par les forces de sécurité fédérale et locales dans le Caucase du Nord aient aggravé la situation, en aliénant beaucoup de gens », a-t-elle regretté, ajoutant que « l'impunité pour les crimes graves commis par la sécurité militaire a accentué le cycle de la colère et de la violence, tout en minant le concept de l'état de droit ».

 

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