Egypte : la transition ne doit pas éclipser les violations des droits de l'homme

Egypte : la transition ne doit pas éclipser les violations des droits de l'homme

Des Egyptiens manifestant au Caire en janvier 2011 contre le régime de l'ancien Président Hosni Moubarak.
« Les violations des droits de l'homme qui se sont déroulées en Egypte pendant les protestations ne devraient être éclipsées par le processus de transition », ont estimé jeudi des experts indépendants de l'ONU dans un communiqué

« Les violations des droits de l'homme qui se sont déroulées en Egypte pendant les protestations ne devraient être éclipsées par le processus de transition », ont estimé jeudi des experts indépendants de l'ONU, après avoir rappelé que 365 personnes avaient été tuées et environ 5500 autres blessées entre le 25 janvier et le 15 février 2011.

« La garantie que la justice sera rendue doit faire partie des réformes démocratiques à long terme, afin de répondre pleinement aux aspirations du peuple égyptien », déclarent-ils dans un communiqué commun.

« Nous exhortons les autorités à enquêter sur les incidents violents y compris ceux provoqués par l'usage excessif de la force par les officiers de sécurité », ajoutent-ils.

Pour l'un des rédacteurs, le Rapporteur de l'ONU sur les exécutions arbitraires et sommaires, Christof Heyns, « les circonstances dans lesquelles des meurtres ont été perpétrés doivent être élucidées afin de déterminer si les autorités étaient complices de ces attaques contre les manifestants ou si elles n'ont pas pris les mesures nécessaires pour prévenir de tels actes de violence ».

Alors que de nombreuses attaques violentes contre les manifestants et des journalistes ont été rapportées, le Rapporteur de l'ONU pour la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue

rappelle de son côté que « les journalistes jouent un rôle indispensable pour garder la population informée du cours des événements ». « Une attaque contre un journaliste est non seulement une violation de sa liberté d'opinion et d'expression mais également celle du public d'être informée », insiste-t-il encore.

Le co-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire, El Hadji Malick Sow, a pour sa part appelé « les autorités à garantir que toutes les personnes ayant participé pacifiquement aux manifestations sont promptement libérées ».

« Nous allons continuer à suivre de près l'évolution de la situation et toute mesure prise sera observée à l'aune des standards internationaux », concluent les experts indépendants. « Nous nous tenons prêt pour assister le pays dans la poursuite de ses efforts ».

Le groupe d'expert est composé du Rapporteur de l'ONU sur les exécutions arbitraires et sommaires, Christof Heyns, le Rapporteur de l'ONU pour la liberté d'opinion et d'expression, Frank La Rue, le co-Rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire, El Hadji Malick Sow et le Rapporteur spécial sur la torture et les traitements inhumains et dégradants.