L'ONU réaffirme le lien intrinsèque entre paix, sécurité et développement

11 février 2011

Les événements récents dans le monde rappellent la nécessité d'ancrer la stabilité politique dans la paix, les opportunités économiques, un niveau de vie décent et le consentement de ceux qui sont gouvernés. Paix, sécurité et développement sont interdépendants, a insisté vendredi le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'occasion d'un débat thématique organisé au Conseil de sécurité sur le lien intrinsèque existant entre ces trois éléments.

Rappelant que neuf des dix pays ayant les plus faibles indicateurs de développement humain connaissent des conflits depuis deux décennies, il a souligné que les Etats confrontés « à des inégalités frappantes, une faiblesse des institutions, des richesses mal réparties, un manque d'emplois et de libertés » étaient plus exposés aux conflits.

« Tout comme l'absence de développement nourrit les conflits, les progrès économiques et sociaux peuvent aider à prévenir et assurer la paix », a-t-il poursuivi, avant de défendre des progrès « inclusifs », intégrant tous les acteurs des sociétés.

« Le développement doit être inclusif. Il doit inclure les femmes, qui peuvent jouer un rôle crucial dans les négociations et les processus de paix, et les jeunes, qui ont un vaste potentiel pour contribuer au développement de leurs sociétés », a déclaré Ban Ki-moon, estimant aussi que « le consensus et la consultation populaire étaient sans doute la voie la plus efficace pour diminuer les risques de conflit et permettre la stabilité à long terme ».

Devant les membres du Conseil de sécurité, le chef de l'ONU a énuméré les cinq domaines dans lesquels il considère que l'organisation doit déployer plus d'efforts pour « que la sécurité et le développement se renforcent mutuellement ».

Il a ainsi défendu une approche globale et unique dans les actions de l'ONU, une meilleure planification du retrait des opérations et missions de l'ONU afin d'assurer des transitions sans heurts, des initiatives innovantes pour renforcer les institutions étatiques, une prise en compte du changement climatique, qui aura un impact de plus en plus important sur le développement et la sécurité, et enfin une réduction de la criminalité, qui « représente une menace tant sur le développement que sur la sécurité dans certaines régions du monde ».

Ban Ki-moon a conclu son intervention en demandant que l'accent soit mis aussi sur la prévention des conflits, les stratégies de réduction des risques, le renforcement des composantes civiles des opérations de paix et de renforcement de l'Etat de droit.

Au terme de la réunion, les membres du Conseil de sécurité ont adopté une déclaration commune rendue publique par la Présidence du Conseil occupée en février par le Brésil, dans laquelle ils redisent « que sécurité et développement sont étroitement liés et interdépendants, et sont des conditions essentielles d'une paix durable ».

Ils réaffirment également « que pour aider un pays à retrouver une paix durable, il faut adopter une démarche globale et intégrée, qui exploite et renforce la confluence des actions politiques et de celles portant sur la sécurité, le développement, les droits de l'homme et l'instauration de l'Etat de droit ».

« Il importe de prévoir et lancer des activités de consolidation de la paix dès les premiers stades de la planification et de l'exécution des opérations de maintien de la paix », poursuivent les membres du Conseil, avant d'estimer que pour que ces activités -réforme d'un dispositif de sécurité, désarmement, démobilisation, réintégration, instauration de l'Etat de droit, protection des droits de l'homme- soient menées à bien, « il est indispensable d'adopter une perspective tenant compte de l'étroite corrélation qui existe entre sécurité et développement ».

La déclaration commune souligne enfin que « l'action intégrée menée sur le terrain en matière de sécurité et de développement doit être coordonnée avec les activités du gouvernement du pays ». Le Conseil insiste également sur « l'importance que revêt la coopération avec la société civile », rappelant « qu'il ne saurait y avoir de paix et de développement durables sans la participation de toutes les parties », notamment les femmes, qui doivent « participer activement à tous les stades de la consolidation de la paix, de la conclusion des accords de paix et des programmes de développement ».

 

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