Côte d'Ivoire : le HCR appelle à une résolution urgente de la crise

Côte d'Ivoire : le HCR appelle à une résolution urgente de la crise

Des femmes et des enfants ivoiriens réfugiés au Libéria.
Le Haut Commissaire des Nations Unies aux réfugiés, António Guterres, a appelé jeudi à mettre fin, en urgence, à l'impasse politique qui paralyse la Côte d'Ivoire depuis l'élection présidentielle de novembre et provoque des tensions, des violences et le déplacement de milliers d'Ivoiriens.

« Les gens ont très peur. L'impasse politique est de plus en plus profonde et la situation humanitaire de pire en pire », a-t-il indiqué, soulignant qu'il y avait déjà au moins 35.000 réfugiés ivoiriens enregistrés par le HCR au Libéria voisin et presqu'autant de déplacés dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.

L'agence onusienne et d'autres organisations humanitaires mettent sur pied une intervention d'urgence pour répondre à leurs besoins immédiats. Un avion cargo affrété par le HCR est ainsi arrivé mardi soir dans la capitale, Abidjan, avec à son bord des tentes pour abriter plus de 12.000 déplacés internes.

Un convoi du HCR chargé de 93 tonnes supplémentaires d'aide, dont 15.000 couvertures, 10.000 matelas, 10.000 jerrycans, 5000 ustensiles de cuisine, des moustiquaires et des bâches en plastique, doit partir d'Accra, au Ghana, pour rejoindre Abidjan cette semaine.

« Nous sommes confrontés au risque d'un éventuel déplacement massif d'Ivoiriens », a poursuivi le Haut Commissaire de l'ONU dans son communiqué, soulignant que la situation actuelle « pourrait également avoir un impact négatif sur le Libéria, un pays qui se remet de la guerre civile, ainsi que d'autres pays de la région ».

« Compte tenu de ces circonstances, je félicite les autorités du Libéria pour leur politique d'ouverture des frontières, et le peuple qui a si généreusement ouvert ses maisons et partagé ses maigres ressources avec les réfugiés ivoiriens », a encore ajoute António Guterres, avant d'appeler la communauté internationale à faire preuve de solidarité avec le peuple ivoirien et le Libéria qui les accueille.

« Une action politique internationale urgente est nécessaire pour sortir de l'impasse et restaurer le calme. Tous les citoyens de Côte d'Ivoire doivent se sentir en sécurité chez eux et ne doivent pas être obligés de fuir pour rechercher la sécurité », a-t-il conclu.

De son côté, l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) a indiqué jeudi qu’elle avait enregistré cette semaine 22 nouveaux cas de personnes tuées dans le district d’Abidjan. « Cela porte à plus de 296 morts le nombre de personnes tuées dans le cadre des violences postélectorales depuis la mi-décembre », a noté le porte-parole de l’ONUCI, Hamadoun Touré.

Interrogé par un journaliste sur l’annonce d’une suspension de la Radio ONUCI-FM par le Conseil national de la communication audiovisuelle, il a indiqué que cette décision n’avait pas été notifiée à la mission.

« Je veux confirmer que ONUCI-FM est toujours diffusée », a déclaré pour sa part le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, Martin Nesirki, lors d’un point de presse à New York. "L'ONUCI-FM fera tout son possible pour continuer de diffuser ses émissions, comme elle le fait depuis le début de la crise", a-t-il ajouté.