Sud-Soudan : l'ONU salue un scrutin crédible en faveur de l'indépendance

7 février 2011
Le référendum d'autodétermination du Sud-Soudan.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le Panel qu'il avait créé pour suivre le référendum d'autodétermination du Sud-Soudan, se sont félicités lundi de l'annonce officielle des résultats de ce scrutin qui s'est déroulé, selon eux, de manière pacifique et crédible et confirme un vote massif en faveur de l'indépendance.

« Les résultats, qui montrent que 98,83% des électeurs ont choisi l'indépendance, sont le reflet de la volonté du peuple du Sud-Soudan. Le déroulement pacifique et crédible du référendum est une grande réussite pour tous les Soudanais », a indiqué le porte-parole du Secrétaire général dans un communiqué.

Ban Ki-moon appelle les partenaires à l'Accord de paix global -le gouvernement du Soudan dirigé par le Président Omar Hassan Al Bachir et le gouvernement du Sud-Soudan dirigé par le Président Salva Kiir Mayardit- « à maintenir leur engagement en faveur de la paix et de la stabilité dans cette période cruciale ».

Il les appelle aussi à aller de l'avant, en s'appuyant « sur la dynamique générée par le bon déroulement du référendum », afin de « parvenir rapidement et dans le même esprit de coopération à un accord sur les arrangements post-référendum, y compris le statut de la région d'Abyei ».

« Le Secrétaire général invite la communauté internationale à aider tous les Soudanais à établir une plus grande stabilité et à renforcer le développement, réaffirme l'engagement de l'ONU à cette fin, et assure que l'ONU continuera d'apporter son aide et son soutien aux partenaires à l'Accord de paix global », conclut le communiqué.

Le Panel de l'ONU sur le référendum d'autodétermination du Sud-Soudan s'est aussi félicité lundi de l'annonce des résultats officiels. « Le Panel estime que les résultats du référendum reflètent la volonté du peuple sud-soudanais et que le processus a été libre, équitable et crédible », ont déclaré dans un communiqué les trois membres de cet organe.

Le Panel est présidé par Benjamin Mkapa, ancien Président de Tanzanie, et compte également comme membres, l'ancien ministre des affaires étrangères du Portugal, Antonio Monteiro, et l'ancien président de la Commission électorale du Népal, Bhojraj Pokharel.

Selon eux, le processus référendaire a été marqué « par un haut degré de transparence et la possibilité pour la société civile de participer activement au processus ». La couverture médiatique du scrutin et les déclarations publiques des dirigeants locaux se sont améliorées à l'approche du référendum, ont-ils estimé.

Malgré quelques heurts pendant la période du vote, qui s'est déroulé entre le 9 et le 15 janvier 2011, les citoyens ont été en mesure d'exprimer librement leur volonté, a estimé le Panel.

Il a appelé « les parties à régler rapidement, sur la base de leur relation constructive, les arrangements post-référendaires afin que les populations du Nord et du Sud-Soudan puissent vivre côte à côte dans la coopération, la sécurité et la dignité ». Il a aussi souligné l'importance de protéger « les civils soudanais du Nord comme du Sud ».

Les membres du Panel ont par ailleurs salué le peuple du Soudan et l'action de la Mission des Nations Unies pour le Soudan (MINUS). Ils ont félicité pour leur travail la Commission du référendum pour le Soudan et la Division intégrée de l'ONU à l'appui aux référendums et aux élections.

Le référendum constitue le point d'orgue de l'Accord de paix global signé en 2005 et qui a mis fin à la guerre civile entre le Nord et le Sud. Le Panel a regretté que le référendum séparé prévu dans la zone d'Abyei n'ait pas pu se dérouler. Les habitants de cette zone riche en pétrole doivent décider de son rattachement au Nord ou au Sud-Soudan. Les affrontements récurrents ont empêché la tenue du scrutin. Une Commission est sur le point d'être mise en place afin d'aider les parties à sortir de cette impasse.

Le Panel a exhorté « les deux parties de l'Accord de paix global à trouver une solution aussi vite que possible » à la question d'Abyei et a appelé « le peuple de la zone à faire preuve de patience et de tolérance ».

L’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Helen Clark, a également félicité le peuple sud-soudanais pour ce processus référendaire pacifique et transparent.

Le PNUD, à travers la Division intégrée de l'ONU à l'appui aux référendums et aux élections, a fourni une assistance pour l’organisation de ce référendum avec la livraison de bulletins de vote et de kits d’enregistrement et la fourniture de moyens logistiques et d’un appui technique.

« Le PNUD se tient aux côtés du peuple du Sud Soudan alors qu’il s’achemine vers la prochaine étape consistant à construire un Etat fort, stable et dynamique. Le PNUD travaille avec le gouvernement du Sud Soudan pour mettre en place les fonctions gouvernementales essentielles et des procédures efficaces, notamment dans les domaines de l’état de droit, de la sécurité et des finances publiques », a dit Mme Clark dans un communiqué.

Avec l’assistance de bailleurs de fonds internationaux et de pays voisins, le PNUD a apporté son aide pour placer plus d’une centaine de comptables, économistes, trésoriers, ingénieurs, formateurs de police et autres experts au sein du gouvernement du Sud-Soudan et des administrations des dix Etats composant le Sud-Soudan. Ces experts travaillent aux côtés des fonctionnaires civils soudanais jusqu’à ce que ces derniers soient en mesure de prendre les choses en main.

En outre, le gouvernement du Sud Soudan, avec l’assistance du PNUD, se prépare maintenant à déployer plus de 200 fonctionnaires d’Ethiopie, du Kenya et d’Ouganda pour élargir les capacités de son administration.

 

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