Côte d'Ivoire : l'impasse politique pèse sur la situation humanitaire

4 février 2011

Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire, Y.J. Choi, a estimé vendredi devant le Conseil de sécurité à New York que la dégradation de la situation humanitaire dans ce pays était due à la crise postélectorale qui perdure.

« L'impasse politique en Côte d'Ivoire a entraîné une dégradation de la situation humanitaire, avec 20.000 personnes déplacées internes et 33.000 réfugiés ivoiriens au Libéria », a expliqué YJ Choi lors de consultations à huis-clos du Conseil de sécurité, selon un communiqué de presse l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI).

« S'agissant des violations des droits de l'homme, on a constaté un accroissement du nombre de victimes, avec plus de 270 décès et de nombreuses disparitions et des arrestations arbitraires depuis le 16 décembre 2010 », poursuit le communiqué.

En dépit des difficultés et de la tension ambiante, l'ONUCI, a assuré M. Choi, poursuit l'exécution de son mandat, avec notamment l'intensification des efforts destinés à assurer la protection des populations civiles par le biais de patrouilles de Casques bleus.

Répondant aux journalistes à l'issue de sa présentation, le Représentant spécial a annoncé la disponibilité de certains pays, qu'il n'a pas nommés, de fournir des troupes et des éléments de police ainsi que de l'équipement militaire à l'ONUCI dans le cadre du renforcement de sa présence dans le pays.

La veille, le chef de l'ONUCI avait rencontré les pays contributeurs de troupes et de police. Sa mission fait partie des consultations périodiques avec le siège des Nations Unies à New York.

A l'issue de la présentation de YJ Choi, la Présidente du Conseil de Sécurité pour le mois de février et Représentante du Brésil auprès des Nations Unies, Marie Luiza Ribeiro Viotti, a souligné dans une déclaration à la presse que les Etats membres avaient exprimé leur « profond désir » de voir la crise se résoudre « pacifiquement et rapidement et dans les conditions qui respectent la volonté du peuple ».

Les membres du Conseil ont salué le travail de médiation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), de l'Union africaine (UA) et de l'ONU.

« Dans ce contexte, ils reconnaissent la pertinence des décisions de l'accord de paix du Conseil de sécurité de l'UA du 28 janvier sur la Côte d'Ivoire, et encouragent toutes les parties à coopérer avec le panel de haut niveau de l'Union africaine », a-t-elle dit.

Enfin, les Etats membres « restent profondément inquiets concernant la violence continue et les violations des droits de l'homme dans le pays » et « exhortent toutes les parties à faire preuve de retenue maximale et à éviter la violence », a-t-elle conclu.

Lors du récent Sommet de l'Union africaine, les chefs d'Etat africains ont décidé de mettre en place un panel composé de chefs d'Etat et qui aura un mandat d'un mois pour trouver une solution à la crise ivoirienne sur la base de l'acceptation des résultats de l'élection du 28 novembre dernier.

 

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