HCR : 25.000 Pakistanais fuient des combats dans les zones tribales au nord

HCR : 25.000 Pakistanais fuient des combats dans les zones tribales au nord

Des femmes pakistanaises.
Quelque 25.000 personnes ont été déplacées au cours des derniers jours en raison de nouvelles opérations militaires contre les insurgés dans les zones tribales au nord-ouest du Pakistan et si les combats s'intensifient, jusqu'à 90.000 personnes pourraient être déplacées d'ici à la fin février, s'est inquiété vendredi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Le HCR a établi deux nouveaux camps pour accueillir ces déplacés qui ont fui les zones de Sagi et Dawezai, dans la région de Mohmand Agency, après l'intensification des opérations de l'armée pakistanaise à la fin du mois de janvier. Beaucoup d'entre eux n'ont pas grand-chose de plus que les vêtements qu'ils portent. Des vêtements chauds pour l'hiver et des abris ont été demandés en urgence », a dit un porte-parole du HCR, Adrian Edwards, lors d'une conférence de presse à Genève, en Suisse.

Les deux camps sont les premiers à avoir été mis en place par le HCR pour les Pakistanais déplacés par le conflit dans les zones tribales depuis le début de l'offensive militaire contre les insurgés en 2008. Lors des précédentes phases de combats, les déplacés fuyaient vers les zones peuplées de la province de Khyber Pakhtunkhwa, notamment dans et autour de la ville de Peshawar.

Le HCR a également déployé des ingénieurs et du personnel de terrain et de protection dans la localité de Ghalanai, où l'agence onusienne aide les autorités pakistanaises à mettre en place des camps à Nahqi et Kol, au nord et au nord-est de Ghalani.

Le HCR a toutefois recommandé que les Pakistanais fuyant les combats puissent se déplacer librement pour rester avec leurs parents et amis à Peshawar ou dans d'autres zones habitées. « Le HCR a exhorté les autorités à s'assurer que les personnes déplacées jouissaient de leur liberté de mouvement et a déployé du personnel pour surveiller la situation », a indiqué Adrian Edwards.

Il a également souligné les préoccupations de l'agence onusienne après les déclarations de personnes arrivant dans les camps, selon lesquelles certains jeunes hommes d'âge moyen ont eu des difficultés à quitter la zone de conflit. « Le HCR demande aux autorités de veiller à ce que toutes les activités de contrôle pour identifier d'éventuels militants insurgés n'empêchent pas les civils de fuir pour trouver la sécurité ».

Le conflit qui perdure dans les zones tribales du nord du Pakistan a entrainé le déplacement d'environ un million de personnes ces dernières années. Les retours se font au rythme de la reprise des combats. Depuis septembre, environ 8500 personnes sont toutefois retournées dans le Sud-Waziristan, et 162.000 autres dans la région d'Orakzai Agency depuis début 2010.