Timor Leste : Ban Ki-moon recommande de prolonger d'un an la Mission de l'ONU

2 février 2011
Des policiers de l'ONU et des policiers du Timor Leste en patrouille.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, recommande la prorogation du mandat de la Mission des Nations Unies au Timor Leste (MINUT) pour une nouvelle période de 12 mois, notamment jusqu'aux élections présidentielle et parlementaires prévues au premier semestre 2012.

« Compte tenu du vœu exprimé par le Président du Timor-Leste, le Président du Parlement national, le Premier Ministre et le leader de l'opposition, ainsi que me l'a communiqué mon Représentant spécial, et de la nécessité de maintenir un appui dans des domaines critiques du mandat de la MINUT, je recommande de proroger le mandat de la Mission pour une nouvelle période de 12 mois, dans sa composition actuelle et en maintenant les effectifs actuellement autorisés, tout en poursuivant la réduction progressive des effectifs de police évoquée » a déclaré Ban Ki-moon dans un rapport sur la situation du pays publié mercredi.

« Cette recommandation est conforme aux échanges auxquels la Mission a procédé avec le Gouvernement sur la transition. Le mandat de la police de la MINUT devrait tenir compte de l'évolution de son rôle et de ses fonctions après le début de la phase de reconstitution de la Police nationale », a-t-il précisé.

Les élections présidentielle et parlementaire seront organisées par les organes électoraux du Timor Leste. Il est toutefois envisagé, dans l'attente des recommandations qui seront formulées à l'issue de la future mission d'évaluation électorale demandée par le Gouvernement, que l'ONU apporte un appui technique et logistique, a indiqué le chef de l'ONU.

Selon lui, une présence suffisamment étoffée de la police de la MINUT « permettra de s'acquitter de ces fonctions importantes de renforcement des capacités et aussi de fournir un appui opérationnel à la Police nationale dans des circonstances exceptionnelles, et si la demande en est faite, notamment durant la période critique des élections présidentielle et parlementaires de 2012 ».

Le nombre de policiers de la Mission onusienne devrait être réduit progressivement pour passer d'un effectif de 1.480 agents à 1.280 en juin 2011.

« Cet effectif de la police de la MINUT sera maintenu jusqu'en 2012, après les élections, période au cours de laquelle il est prévu de procéder à une réduction rapide, en tenant compte de la situation sur le terrain et des conclusions d'une évaluation indépendante de la Police nationale », a-t-il expliqué.

Ban Ki-moon s'est dit encouragé « de constater que la reprise par la Police nationale des responsabilités en matière de police a continué de progresser et que le processus sera probablement mené à bien dans tous les districts au cours des prochains mois ».

Cette étape doit marquer le début de la phase de reconstitution du commandement et du contrôle de toutes les opérations de police par les forces du pays.

Faisant part de sa préoccupation sur la décision du gouvernement « de certifier en définitive les 52 agents de police qui font l'objet d'enquêtes disciplinaires et criminelles », le Secrétaire général a exhorté les autorités judiciaires « à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir l'intégrité de la Police nationale ».

Sur le plan économique le Timor-Leste a opéré un redressement depuis la crise de 2006. Ces quatre dernières années, le pays a enregistré un taux de croissance de près de 10%, une baisse de la pauvreté et une amélioration des indicateurs du développement humain. Grâce aux recettes pétrolières, le montant du projet de budget de l'État pour 2011 est quatre fois supérieur au budget de 2006.

« Il s'agit désormais non seulement de maintenir cette dynamique de croissance mais surtout de parvenir à une croissance qui soit durable et sans exclusive, en favorisant le développement rural, le secteur privé et la création d'emplois, en particulier pour les jeunes », a prévenu Ban Ki-moon qui considère « impératif » que ces progrès bénéficient aussi aux plus vulnérables.

« Dans le cas contraire, les importants progrès accomplis jusqu'à présent dans la mise en place d'institutions démocratiques et l'instauration de l'Etat de droit pourraient être mis à mal, ce qui pourrait enhardir les fauteurs de troubles en puissance et risquerait aussi de faire oublier l'action menée actuellement pour promouvoir le développement socioéconomique à long terme du pays », a-t-il conclu.

 

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