Ban Ki-moon salue le vent de changement qui souffle sur l'Afrique

30 janvier 2011

Devant les pays de l'Union Africaine, réunis en sommet dans la capitale éthiopienne, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a loué le vent de changement qui souffle sur le continent africain, appelant les dirigeants à écouter attentivement les aspirations de leurs peuples et à investir dans les femmes, la jeunesse et les partenariats avec le secteur privé.

Dans son allocution, il a d'abord appelé à soutenir la mise en place d'un gouvernement provisoire en Tunisie et indiqué que l'ONU était prête à aider le pays à organiser des élections crédibles.

« L'ONU aidera avec plaisir le peuple tunisien à choisir librement ses dirigeants par des élections régulières et crédibles », a-t-il déclaré.

Évoquant également les tensions sociales et politique en Égypte, il a de nouveau appelé à la retenue et au respect des droits de l'homme.

« Dans le monde entier, les dirigeants doivent écouter attentivement -plus attentivement, plus sincèrement- la voix du peuple, ses aspirations, ses espoirs pour un avenir meilleur », a ajouté le Secrétaire général, qui a parlé du « vent du changement » qui soufflait sur l'Afrique.

« Le nouveau scénario pour l'Afrique, c'est une histoire de croissance. Même la crise économique et financière ne vous a pas ralenti. L'Afrique rebondi plus fort et plus vite que prévu », a déclaré Ban Ki-moon, qui a souligné que six des économies les plus dynamiques du monde étaient en Afrique sub-saharienne.

Il a appelé les pays africains à mettre l'accent sur trois domaines dans leurs efforts de développement : les femmes, les jeunes et le secteur privé.

« L'autonomisation des femmes n'est pas seulement une question de droits ou de justice. C'est un impératif économique et de développement. Les pays ayant une plus grande égalité entre les sexes se développent plus rapidement et sont plus compétitifs », a-t-il poursuivi.

« La violence domestique, le viol, les abus sur des jeunes filles vulnérables – de tels crimes ne peuvent être justifiés par des considérations de culture ou de tradition. Ils doivent être condamnés. Ils doivent être punis. Surtout, ils doivent être évités ».

Devant les pays de l'Union Africaine, il a également appelé à investir plus dans la jeunesse africaine afin d'accélérer le développement, tout en soulignant la nécessité de renforcer l''éducation et le respect des droits de l'homme.

Pour le Secrétaire général de l'ONU, des partenariats avec le secteur privé en Afrique doivent également être développés. « Les entreprises dans toute l'Afrique et le monde sont prêtes à tirer le meilleur du potentiel à peine entamé de l'Afrique, a-t-il dit, le continent a le marché qui connaît la croissance la plus rapide en matière de technologie des communications. L'Afrique a des ressources naturelles abondantes qui, bien exploitées, assureront une nouvelle économie verte ».

Se penchant ensuite sur la situation au Soudan, Ban Ki-moon s'est félicité de la tenue de manière pacifique et crédible, du référendum d'autodétermination au Sud-Soudan. Il a estimé que c'était le résultat de l'engagement de toutes les parties: les gouvernements du Soudan et du Sud-Soudan, l'Union africaine, l'ONU et tous les partenaires de la communauté internationale.

Il a en revanche exprimé son inquiétude sur les questions qui restent en suspens après le référendum, notamment celles liées à la sécurité et la démarcation des frontières, la citoyenneté, le partage des richesses, et la tenue des consultations populaires dans les Etats du Sud Kordofan et du Nil Bleu, ainsi que sur le statut de la région d'Abyei.

« Consolider la paix au Nord et au Sud-Soudan nécessitera de la sagesse, de la patience et de la cohérence dans l'engagement et le soutien de la communauté internationale », a-t-il insisté.

 

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