ONU-Femmes : Bachelet défend la participation des femmes à la vie économique et politique

25 janvier 2011
Michelle Bachelet.

A l'occasion d'une conférence de presse consacrée à la présentation de son programme d'action, l'ancienne Présidente du Chili et désormais Directrice de la nouvelle agence ONU-Femmes, Michelle Bachelet, a défendu une plus grande participation des femmes à la vie politique et économique.

Devant les journalistes réunis au siège de l'ONU, à New York, elle est revenue sur les grandes priorités de l'ONU-Femmes, une fois l'agence officiellement lancée le 24 février prochain. Michelle Bachelet a ainsi expliqué que dans un premier temps, l'ONU-Femmes axera son action sur l'autonomisation politique et économique des femmes.

« Si en matière d'éducation, l'écart entre hommes et femmes a été comblé à 93%, il ne l'a été que de 59% s'agissant de la participation économique et de 18% en politique. Sur les 192 États Membres de l'ONU, seuls 19 sont dirigés par une femme », a-t-elle souligné.

Elle a poursuivi en indiquant qu'en Asie et en Afrique sub-saharienne, « 80% des femmes occupent un emploi sans avantages sociaux. Et en Inde, 34% des femmes effectuent des tâches non rémunérées dans les exploitations familiales, contre 11% d'hommes ».

Michelle Bachelet a ensuite expliqué que l'ONU-Femmes entendait « contribuer à la création d'outils pour faciliter, au niveau national, des plans et des budgets consacrés à des actions en faveur de l'égalité entre les sexes ».

« Nous serons audacieux et ambitieux mais aussi pratiques pour mettre en place une organisation capable d'opérer un changement durable dans la vie des femmes », a-t-elle ajouté, avant de défendre « la capacité des femmes à être des agents du changement ». « Lorsque l'on permet à ces capacités de s'épanouir et de croître, tout le monde en profite », a-t-elle insisté.

Pour la nouvelle Directrice, l'ONU-Femmes doit aussi apporter « son appui au renforcement des compétences féminines et à l'amélioration des dispositifs juridiques ».

« La question de l'égalité entre les sexes est un élément clef du développement et les femmes sont essentielles à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) », a-t-elle rappelé, avant de préciser que l'ONU-Femmes comptait aussi « développer une stratégie en faveur des femmes les plus marginalisées, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (UNDP), l'Organisation internationale du travail (OIT), et plusieurs institutions financières ».

Pour conclure, Michelle Bachelet a indiqué que l'ONU-Femmes entendait intervenir aussi sur « les questions de la paix, de la sécurité et de la violence faite aux femmes ». « À ce jour, a-t-elle relevé, les femmes figurent dans moins de 8% des équipes de négociations. Leurs préoccupations sont donc ignorées dans l'architecture post-conflit ».

« 76% des femmes dans le monde sont victimes d'une forme de violence ou d'une autre », a-t-elle poursuivi, en soulignant, par exemple, qu'à cause de ce phénomène, les États-Unis enregistrent une perte annuelle de 5,8 milliards de dollars en soins de santé et en baisse de productivité.

« Il y a beaucoup d'enthousiasme et un renouvellement des ambitions dans le monde car nous avons enfin une entité onusienne capable de faire une réelle différence dans la vie des femmes », a-t-elle conclu.

 

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