Piraterie au large de la Somalie : le Conseiller Jack Lang appelle à agir vite et fort

25 janvier 2011

« Agissez vite, agissez fort », a demandé mardi le Conseiller spécial du Secrétaire général de l'ONU pour les questions juridiques liées à la piraterie au large des côtes somaliennes, Jack Lang, lors de la présentation de son rapport au Conseil de sécurité.

Appelant à une « action forte et déterminée » contre les pirates et les commanditaires des détournements de navires et des prises d'otages d'équipages, il a souligné que la communauté internationale ne pouvait pas « se satisfaire du statu quo », compte tenu de l'« extrême gravité » de la situation.

Après de « nombreuses consultations auprès de 50 États, organisations internationales, entreprises privées et instituts de recherche », Jack Lang défend dans son rapport une « 'somalisation' des réponses juridictionnelles et pénitentiaires », seule manière selon lui d' « assurer l'efficacité des poursuites et ainsi de mettre fin à l'impunité des pirates ».

Dans son exposé, il a détaillé ses principales propositions : d'une part la création de deux « juridictions spécialisées », l'une au Puntland, l'autre au Somaliland, ainsi que la construction à court terme d'une prison dans chacune de ces deux régions, et d'autre part la mise en place pendant une période de transition « d'une juridiction extraterritoriale », qui pourrait être basée à Arusha, en République-Unie de Tanzanie, où siège déjà le Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Dans son rapport, il évalue à environ 25 millions de dollars le prix de ces initiatives. Un coût qu'il a qualifié de « relativement modeste par rapport au coût total de la piraterie estimé à 7 milliards de dollars ».

Soulignant l'importance « essentielle » du soutien international pour la formation des juges, procureurs, avocats et gardes pénitentiaires somaliens, il a estimé que « l'ONU, mais aussi l'Union africaine, l'Union européenne et d'autres organisations devraient y contribuer ».

Dans la « lutte sans merci » à livrer contre la piraterie, il a mis en avant la nécessité de s'attaquer aux commanditaires et de mettre fin à l'impunité qui fait de la piraterie une activité économique prospère sans conséquences pour leurs auteurs. Dans son rapport, il formule donc trois propositions concrètes : le renforcement de la police scientifique, le recueil des éléments de renseignement et de preuve nécessaires aux poursuites judiciaires ultérieures et l'application de sanctions individuelles, notamment sur les chefs déjà identifiés par différents services de renseignement et Interpol.

Contre les pirates de base, les petite-mains, il défend des mesures de répressions, mais insiste sur la nécessité de renforcer la prévention, en donnant aux autorités du Somaliland et du Puntland, les moyens de développer des alternatives économiques pour la population. Il a notamment cité en exemple, le développement d'une industrie de la pêche ou l'implantation d'usine de transformation de poissons.

 

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