RDC : des enquêtes confirment l'ampleur des viols commis par des soldats de l'armée

25 janvier 2011

Deux enquêtes distinctes menées d'un côté par Mission des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de l'autre par le Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) dans des villages des provinces du Nord Kivu et du Sud Kivu, dans l'est du pays, confirment l'ampleur des violations des droits de l'homme commises par des soldats des Forces armées de RDC au début de l'année, a déclaré mardi un porte-parole du HCDH à Genève, Rupert Colville.

A Fizi, dans le Sud Kivu, au moins 35 femmes ont été violées et 32 personnes ont été blessées par des soldats du 43e secteur des FARDC dans la nuit du 1er janvier. Onze personnes ont été arrêtées et 14 magasins ont été pillés dans le centre de la localité. Les personnes arrêtées ont été depuis libérées, a ajouté M. Colville.

Onze soldats du 43e secteur des FARDC, dont le lieutenant colonel Kilibi Mutware et trois commandants soupçonnés de faire partie des auteurs présumés des violations, sont actuellement détenus à Uvira. Des procès doivent être organisés prochainement, a-t-il précisé.

Dans le Nord Kivu, des soldats des FARDC sont également accusés d'avoir commis au moins 32 viols, notamment contre deux femmes enceintes et une jeune fille de 16 ans, dans le village de Bushani (territoire de Masisi) dans la nuit du 31 décembre 2010. Ils ont également arrêté de manière arbitraire 12 personnes, pillé environ 50 maisons et soumis de nombreux villageois à des traitements inhumains et dégradants.

L'attaque de Bushani s'est terminée à 3 heures du matin le 1er janvier quand les soldats auraient reçu un appel radio leur demandant de se diriger vers Kailenge. En route vers Kailenge, vers 17h00, les soldats des FARDC ont attaqué le village de Kalambairo et pillé des dizaines de maisons et le centre local de santé.

La Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a salué les efforts rapides des autorités, avec le soutien de la MONUSCO, pour enquêter sur ces crimes et arrêter les auteurs présumés.

Le HCDH reste toutefois « extrêmement préoccupé par le fait que l'armée congolaise soit responsable d'un nombre significatif de violations des droits de l'homme, notamment à caractère sexuel, contre sa propre population. Face à ces atrocités, la Haut commissaire a appelé le gouvernement à envisager d'établir un mécanisme de contrôle dans le cadre de la réforme du secteur de la sécurité », a dit le porte-parole, Rupert Colville.

 

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