Le HCR demande de suspendre les expulsions vers la Côte d'Ivoire

21 janvier 2011

Avec la persistance de l'instabilité en Côte d'Ivoire, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a publié vendredi une note demandant aux gouvernements à travers le monde de suspendre les retours forcés vers ce pays.

« Le HCR publie ce matin une recommandation aux gouvernements à travers le monde les exhortant à suspendre tous les retours forcés vers la Côte d'Ivoire dans l'attente d'une amélioration de la situation en matière de sécurité et de respect des droits humains », a déclaré un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d'une conférence de presse à Genève.

L'agence s'est félicitée « de la coopération constructive des pays voisins envers les réfugiés », citant notamment la Guinée et le Libéria qui ont « officiellement déclaré qu'ils octroieront automatiquement le statut de réfugiés aux Ivoiriens à leur arrivée sur une base prima facie ». En Europe, parallèlement, des pays ont cessé les expulsions, y compris celles de demandeurs d'asile déboutés.

Depuis les élections du 28 novembre, de nombreux incidents violents et des violations des droits humains ont été signalés, y compris contre des femmes, des enfants et des personnes déplacées. Des enlèvements, des disparitions, des exécutions extrajudiciaires et des actes de violences se seraient déroulés à Abidjan et ailleurs dans le pays.

Actuellement, le HCR dénombre 18.000 personnes déplacées internes dans l'ouest du pays, et environ 30.000 réfugiés au Libéria voisin, alors qu'en Guinée 340 réfugiés ont été enregistrés. Le nombre de personnes arrivant au Ghana, au Mali et au Burkina Faso est relativement faible, estime le HCR.

Malgré la crise, les opérations humanitaires continuent. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) lancera samedi une campagne de vaccination contre la fièvre jaune, ciblant plus de 830.000 adultes et enfants âgés de neuf mois et plus dans quatre districts du pays. La campagne s'étendra sur sept jours.

« Cette campagne de vaccination démontre au monde entier que, malgré l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays, l'action humanitaire toujours en cours, sauve des vies en Côte d'Ivoire et que nous atteignons les personnes les plus vulnérables », a déclaré la Responsable par intérim du Bureau de l'UNICEF en Côte d'Ivoire, Sylvie Dossou.

La campagne cible les districts de Katiola et Béoumi - où depuis le mois de novembre, 66 cas de la fièvre jaune ont été enregistrés dont 25 décès. Les équipes de vaccination couvriront également aussi les districts de Seguela et Mankono.

« Ce sont surtout des régions rurales où les taux globaux de vaccination des enfants sont trop bas, ce qui est inacceptable » a souligné le Chef de la Section Survie de l'enfant au sein de l'UNICEF Côte d'Ivoire, le Dr Eli Ramamonjisoa,.

La gravité de la fièvre jaune, une maladie potentiellement mortelle transmise par les moustiques, est telle qu'un seul cas confirmé dans un pays est considéré comme une épidémie. A ce jour, il n'existe pas de remède connu, mais une seule dose du vaccin confère une immunité pour dix ans.

 

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