Somalie : forces somaliennes et AMISOM ont besoin de fonds pour poursuivre leurs opérations

20 janvier 2011

Les soldats du Gouvernement fédéral de transition (GFT) et les soldats de la paix de la Mission de l'Union africaine (AMISOM) qui tente de stabiliser la Somalie, ravagée par la guerre civile, risquent de ne plus être payés pour leurs opérations, fautes de financement internationaux suffisants, a mis en garde jeudi le Représentant spécial de l'ONU en Somalie, Augustine Mahiga.

« Je saisis cette occasion pour informer que le Fonds d'affectation spéciale de l'ONU qui sert à couvrir les salaires des soldats de l'AMISOM et du GFT est à son plus bas niveau », a-t-il déclaré lors d'une réunion du Comité mixte de sécurité pour la Somalie et de ses partenaires des pays voisins, organisée jeudi à Djibouti.

Dans son exposé sur la situation en Somalie devant Conseil de sécurité la semaine dernière, il avait déjà tiré la sonnette d'alarme et lancé un appel à d'autres organisations internationales pour aider l'ONU à financer et soutenir l'AMISOM, qui tente de reprendre le contrôle de la capitale somalienne, Mogadiscio, assiégée par les milices islamistes d'Al-Shabaab.

Le Conseil de sécurité a déjà autorisé une augmentation de 50% des effectifs de l'AMISOM, qui doit passer de 8.000 à 12.000 soldats de la paix.

Le Comité mixte de sécurité pour la Somalie a été mis en place il y a deux ans, en vertu d'accords de paix signés entre le GFT et certains groupes islamistes, avec l'objectif de renforcer les capacités de maintien de l'ordre et de la sécurité du gouvernement somalien.

Il est composé de hauts représentants des institutions de sécurité du GFT, de l'AMISOM, de l'ONU, et de la communauté internationale, notamment l'Union européenne et la Ligue des Etats arabes, ainsi que l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), et des pays comme la Norvège, l'Espagne, la Suède, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Lors de la réunion qui s'est tenue jeudi à Djibouti, le vice-Premier ministre somalien, Mohamed Ali Abdiweli, a souligné l'importance du travail du Comité mixte pour atteindre l'objectif de stabilisation fixé.

De son côté, Augustine Mahiga a insisté sur la nécessité d'orienter les stratégies militaires de manière à soutenir les principaux objectifs politiques du GFT, qui incluent l'élargissement de l'espace de débat politique à toutes factions et communautés, la réconciliation avec les entités rivales et groupes armés rebelles et la facilitation de consultations pour parvenir à la rédaction d'une constitution.

L'Accord de Djibouti, signé en 2008 et parrainé par l'ONU, prévoit l'intégration de toutes les factions armées dans une coalition, à l'exception des opposants irréductibles, comme les dirigeants islamistes d'Al-Shabaab. Augustine Mahiga a aussi insisté sur la nécessité de transcrire cette exigence dans la composition des forces de sécurité somaliennes qui doivent, selon lui, « être une entité inclusive dans laquelle toutes les parties prenantes sont représentées ».

« Nous devons faire en sorte que les forces de sécurité somaliennes soient plus représentatives de la population somalienne, avec la participation de tous les clans et de toutes les communautés », a-t-il insisté, un point de vue partagé par le chef de l'AMISOM, Bourbacar Diarra.

 

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