Pascoe défend le rôle des femmes dans la prévention des conflits

19 janvier 2011
B. Lynn Pascoe.

« Nous attachons, à l'Organisation des Nations Unies, et en particulier au Secrétariat, une grande importance à l'augmentation de la participation des femmes dans la résolution des conflits », a souligné mardi le Secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires politiques, B. Lynn Pascoe, lors d'un forum sur le rôle des femmes dans la médiation, organisé à l'Institut for Inclusive Security, à Washington.

Dans son intervention, il a souligné le rôle crucial de l'ONU ces deux dernières décennies dans la résolution de conflits qui ont suivi la fin de la guerre froide, notant « l'expertise considérable accumulée dans ce domaine » et « les attentes élevées placées dans l'ONU pour la négociation d'accords de paix formels ».

Les crises politiques de ces dernières années, dans des pays aussi divers que le Kenya, le Zimbabwe, le Kirghizistan, Madagascar, la Guinée, le Honduras, la Côte d'Ivoire et le Soudan, ont imposé à l'ONU et à la communauté internationale « de développer des réponses politiques et diplomatiques adaptées à des crises électorales, des coups d'Etat et d'autres changements anticonstitutionnels de gouvernement », a-t-il ajouté.

Il a cité les succès obtenus par l'ONU, en Guinée et au Soudan, en étroite collaboration avec les organisations régionales comme la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ou l'Union africaine.

Aujourd'hui, une grande partie du travail de médiation de l'ONU n'est plus consacrée exclusivement à l'arrêt de conflits, mais aussi à la prévention de nouveaux conflits, a-t-il expliqué. L'objectif ultime est « d'encourager les politiques qui favorisent la stabilité à long terme, la réconciliation et le bon fonctionnement des Etats ».

L'un des principaux défis se situe donc dans « l'action préventive, pour empêcher les crises potentielles, avant qu'elles ne dégénèrent » et « nécessitent des interventions internationales massives et coûteuses ». « Il y a un large consensus sur ce point », a-t-il poursuivi, avant de souligner l'autre dimension de ce défi, le fait que « les conflits et les modes d'effondrement des États sont aujourd'hui de plus en plus complexes à gérer ». « Des phénomènes comme le trafic de drogue, le crime organisé et le terrorisme sont devenus étroitement liés, dans certains cas, aux conflits politiques traditionnels, ce qui complique encore les possibilités d'y remédier par des moyens politiques négociés », a-t-il ajouté.

Le responsable onusien a énuméré les différents fronts sur lesquels l'ONU travaille pour renforcer la diplomatie et la résolution préventives des conflits : du renforcement des moyens humains et financiers du Département des affaires politiques pour améliorer les capacités d'intervention en amont, en passant par le développement de réseaux sur lesquels s'appuyer en cas de crise, la construction de partenariats avec les organisations régionales ou sous régionales (Union africaine, Union européenne, OSCE, CEDEAO, etc), et le renforcement de ses onze missions politiques dans le monde qui sont « d'importantes plates-formes de médiation ».

Selon le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, la participation des femmes et une attention plus accrue aux questions de genre sont « essentielles » dans ces efforts de médiation préventive, dans la mesure où les résultats des solutions trouvées dépendaient de l'adhésion des populations, dont les femmes sont une composante évidente.

Après avoir rappelé la création en 2010 d'une nouvelle agence –ONU Femmes- il a insisté sur la priorité de l'ONU de continuer à renforcer la présence des femmes à des postes de hauts fonctionnaires, en particulier dans le domaine de la médiation.

« Actuellement, 38% des 200 personnes de l'équipe de médiation sont des femmes et 39% viennent de l'hémisphère Sud. Aujourd'hui, la question est moins celle du nombre de femmes dans les équipes de négociation formelle, que leur présence et leur participation active dans la prévention sur le terrain et au siège de l'ONU », a-t-il déclaré, avant d'estimer que si la participation des femmes était en hausse, il y avait « encore du chemin à parcourir », notamment pour « encourager une participation accrue des femmes sur le terrain ».

Pour conclure, B. Lynn Pascoe a estimé qu'une plus grande implication des femmes était « extrêmement importante », mais qu'elle n'en n'était pas moins « une garantie de succès des médiations ». « La volonté politique de faire la paix - ou d'inclure les femmes dans ce processus - ne peut pas être simplement créée par le fait qu'elle manque, a-t-il insisté, mais je peux vous assurer que nous fournirons tous les efforts pour aller de l'avant, en dépit des obstacles », a-t-il ajouté.

« Il ne fait toutefois aucun doute dans mon esprit que les efforts persistants pour amener les femmes à la table de la paix créent une force de traction et un élan. Lentement mais sûrement, votre travail peu changer la pratique du rétablissement de la paix », a-t-il conclu, s'adressant aux femmes qui participaient au forum.

 

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