RDC : suspension de 8 soldats accusés de viols, l'ONU appelle à arrêter leurs chefs

19 janvier 2011

Huit soldats des Forces armées de République démocratique du Congo (FARDC), ont été mis aux arrêts par leur hiérarchie pour avoir participé à des viols, des actes de torture et des pillages dans la nuit du 1er au 2 janvier dernier, à Fizi, un village situé dans la province du Sud-Kivu. La Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a appelé mercredi à la suspension du Commandant et Commandant adjoint de l'unité dont les troupes sont impliquées dans cet incident.

« Le bilan revu des représailles exercées par des éléments des FARDC contre la population de Fizi dans la nuit du 1er au 2 janvier fait état de 50 victimes de viol et 26 blessés dont 3 graves. Les cas de viol ont été pris en charge médicalement par Médecins sans Frontières (MSF) et l'Hôpital général de référence de Fizi », a indiqué mercredi par communiqué le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).

« A la suite du décès d'un des leurs, des éléments de l'armée avaient fait une descente à Fizi où ils s'étaient illustrés par des actes de viols, d'agressions physiques, de tortures, de pillages, d'arrestations arbitraires, de traitement inhumain et dégradant. Actuellement, la tension est retombée. Huit soldats accusés d'avoir participé à ces exactions ont été mis aux arrêts par les auditeurs militaires présents à Fizi », poursuit OCHA.

Le Gouverneur du Sud-Kivu a informé la MONUSCO que les soldats seront traduits en justice et que la procédure débutera la semaine prochaine. Le Commandant des troupes au moment des faits n'a pour l'instant pas été arrêté, a indiqué mercredi le porte parole du Secrétaire général de l'ONU, Martin Nesirski, lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York.

Au début du mois de janvier, la Représentante spéciale de l'ONU sur la violence sexuelle dans les conflits, Margot Wallström, avait appelé les autorités congolaises à « lancer une enquête sans délais sur ces allégations ». Selon elle, ces incidents « confirment malheureusement » les inquiétudes qu'elle avait transmises au Conseil de sécurité en octobre dernier, à savoir la possible implication de soldats de l'armée nationale congolaise dans des crimes.

En décembre dernier, le Conseil de sécurité a adopté une résolution autorisant à lister précisément les groupes armés à travers le monde qui sont soupçonnés d'avoir commis des violences sexuelles. L'objectif est de pouvoir prendre des sanctions ciblées à l'encontre de ces entités si les faits sont avérés.

 

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