Côte d'Ivoire : l'ONU déplore les agressions répétées contre les Casques bleus

18 janvier 2011

L'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a déploré mardi les actes répétés d'agression contre ses patrouilles commis par une partie de la population soutenue par les forces du camp du Président sortant Laurent Gbagbo.

Des éléments de sécurité de l'ONUCI stationnés à l'entrée de Hotel Pullman, attendaient l'arrivée de l'émissaire de l'Union Africaine, le Premier ministre Kenyan Raila Odinga, escorté par une patrouille de l'ONUCI. Un groupe de jeunes gens du camp du Président Gbagbo a encerclé les Casques bleus. Les éléments armées qui les appuyaient, ont ouvert le feu en direction des véhicules obligeant les militaires de l'ONUCI à riposter par des coups de sommation en l'air, a indiqué l'ONUCI.

La Mission des Nations Unies souligne que le compte-rendu qui a été fait lundi sur la Radio télévision ivoirienne (RTI), sur l'incident n'est pas conforme aux faits. « Cela fait partie d'une campagne de propagande dont l'objectif est d'inciter les partisans du Président Gbagbo à la haine contre l'ONUCI » , estime-t-elle.

L'ONUCI a réitéré « son appel au calme, à la sérénité et à la retenue pour assurer un climat propice à la solution de la crise post électorale en cours. »

La Côte d'Ivoire est confrontée à une grave crise politique depuis le second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. L'élection a été remportée par Alassane Ouattara et sa victoire a été reconnue par la communauté internationale mais le Président sortant Laurent Gbagbo s'est déclaré vainqueur et refuse de quitter le pouvoir.

Le Conseil de sécurité doit adopter mercredi une résolution autorisant l’envoi de 2.000 Casques bleus supplémentaires, ainsi que le transfert temporaire de trois hélicoptères de la Mission des Nations Unies au Libéria.

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Côte d’Ivoire, Y J Choi, a fait mardi un point sur la situation de la crise postélectorale au cours d’une vidéoconférence avec les journalistes accrédités au siège des Nations unies à New York.

Les échanges ont porté, entre autres, autour des questions liées au renfort de 2.000 Casques bleus et de la situation humanitaire des 18.000 personnes déplacées dans l’Ouest du pays.

M Choi a justifié la nécessité de l’envoi de 2.000 Casques bleus ainsi que des moyens de transport aériens au sein de la mission, pour assurer la protection des civils sur toute l’étendue du territoire. « Nous devons être en mesure de nous interposer et de réagir rapidement et efficacement pour aider les populations », a-t-il indiqué.

« La Côte d’Ivoire est actuellement l’un des endroits les plus hostiles pour un Casque bleu », a déclaré YJ Choi. Jusqu’à il y a 10 jours, les hostilités étaient purement rhétoriques, mais les troupes de l’ONU sont désormais visées par des tirs, a-t-il expliqué.

Il a accusé le camp de Laurent Gbagbo de se servir de groupes de jeunes pour perpétrer des attaques et d’aller même jusqu’à indemniser certains des assaillants. Néanmoins, l’ONU continue d’organiser des patrouilles toutes les nuits et s’efforce du mieux qu’elle peut d’assurer la liberté de mouvement de la population.

« La situation est très, très hostile, mais notre moral reste inébranlable », a affirmé le Représentant spécial.

Selon lui, la solution du problème ivoirien dépend principalement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union africaine (UA). Il a estimé que l’incapacité de Laurent Gbagbo à payer les 60.000 membres des forces de sécurité et les 140.000 fonctionnaires pourrait régler la crise.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.

Suivre l'actualité : précédents articles sur le sujet

Côte d'Ivoire : l'ONU ne se laissera pas intimider, martèle Ban Ki-moon

Face à de nouvelles violences et à l'impasse politique en Côte d'Ivoire, le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a affirmé vendredi que « les Nations Unies ne se laisseraient pas intimider » ni « dissuader » de mener à bien leur mission en Côte d'Ivoire.