Patrimoine mondial : l'état des cinq parcs congolais est préoccupant

17 janvier 2011

Malgré des progrès notables sur le plan politique ainsi que les efforts du gouvernement et de la communauté internationale pour préserver ce patrimoine, l'état des cinq sites naturels de la République démocratique du Congo (RDC) figurant sur la liste du Patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) reste aujourd'hui extrêmement préoccupant.

Malgré des progrès notables sur le plan politique ainsi que les efforts du gouvernement et de la communauté internationale pour préserver ce patrimoine, l'état des cinq sites naturels de la République démocratique du Congo (RDC) figurant sur la liste du Patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) reste aujourd'hui extrêmement préoccupant.

C'est le constat tiré par les participants à une réunion de haut niveau sur les biens de la RDC classés au patrimoine mondial à Kinshasa organisée la semaine dernière à l'initiative du gouvernement congolais. La Directrice générale de l'UNESCO, Irina Bokova, et la Représentante spéciale adjointe du Secrétaire général RDC, Leila Zerrougui, ont participé à cette réunion.

La RDC est le seul pays d'Afrique à compter sur son sol cinq sites naturels, exceptionnels, figurant sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO : les parcs nationaux de la Garamba, de Kahuzi-Biega, de Salonga et de Virunga, et la Réserve de faune à okapis.

Les guerres, la présence de groupes armés, de braconniers, de refugiés et de déplacés internes, sont autant de facteurs, parmi d'autres, ayant eu des effets dévastateurs sur le terrain. Une situation qui a conduit à l'inscription de l'ensemble de ces sites sur la liste du Patrimoine Mondial en péril, depuis 10 ans.

« Si les défis sont énormes, ils n'affectent en rien la détermination du Système des Nations Unies de continuer à soutenir le Gouvernement de la RDC dans ses efforts en la matière », a souligné Mme Zerrougui lors de cette rencontre. Une volonté également affichée par la Directrice générale de l'UNESCO. « La protection, d'abord, et le renouveau écologique de ces sites, ensuite, relèvent de la priorité la plus absolue », selon Irina Bokova.

Dans le cadre de son mandat, la Mission de l'ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a mené, et mène encore, des opérations militaires contre les groupes armés nationaux et étrangers à l'Est du pays, où quatre des cinq sites naturels sont situés. Des opérations qui « contribuent à améliorer la sécurité dans ces zones et dans les parcs », a fait remarquer la Représentante spéciale adjointe.

Par ailleurs, la MONUSCO assiste le gouvernement dans le cadre du programme STAREC pour restaurer l'autorité de l'Etat à l'Est; ce qui permettra à moyen terme de renforcer les capacités dans le domaine de la protection du patrimoine.

La MONUSCO est aussi fortement impliquée aux côtés du gouvernement dans la lutte contre l'exploitation illégale des ressources naturelles. Il est prévu que cinq centres de négoce soient très prochainement ouverts dans les Kivu. Ils auront pour but d'assainir le secteur minier et de couper les groupes armés d'une source importante de leurs revenus. Ce projet pilote s'alignera alors sur les efforts plus globaux en matière de préservation du patrimoine.

Enfin, grâce à l'appui logistique de la MONUC (à l'époque), des acteurs de la conservation de la nature ont pu, le 27 avril dernier, acheminer quatre bébés gorilles au sanctuaire zoologique de la réserve de Tayna, à Kasugho, dans le territoire de Lubero.

« Le dilemme entre préservation et exploitation (de la nature) prend tout son sens lorsqu'un pays a été ravagé par la guerre, mais des solutions existent. A nous tous de les explorer », a conclu Mme Zerrougui.

Pour sa part, la Directrice de l'UNESCO a formulé le vœu de voir les cinq parcs congolais quitter rapidement la liste des sites du Patrimoine mondial en péril. Ces parcs « sont à la fois les symboles et l'âme de la RDC. Les futures générations doivent pouvoir venir longtemps y puiser les ressources morales dont sortira le Congo de demain », a-t-elle dit.

Avant de poursuivre sa mission à Brazzaville, Mme Bokova, dont c'était la première visite officielle en RDC, a signé un accord entre l'UNESCO et la RDC pour la création du Centre de recherche sur le genre et la consolidation de la paix dans la région des Grands Lacs. Ce centre sera situé à Kinshasa.

 

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